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L'histoire pour Comprendre

Dans les pages qui suivent,, mon intention est de saisir comment ce petit peuple, se trouvant dispersé depuis plus de deux mille ans, a pu se développer en Pologne jusqu'au, milieu du 19ème siècle et quasi mulle part ailleurs.

Il fut nécessaire de se pencher sur les réalités institutionnelles de ce pays qui permettent de comprendre, comment une partie de la noblesse polonaise a accueilli des communautés juives, en pleine expansion du XV au XVIIème siècle.

En même temps, elles lui permirent une certaine autonomie qui l'aida à se développer, à se structurer et à préserver son originalité.

Le yiddish devint la langue de ces communautés, avec des variantes sur le territoire polonais et sur celui de la Lituanie. ma famille parlait un super yiddish mélodique "polak". On parlait du Litvak pour ceux vivant en Lituanie.

Ces conditions favorables n'empêchèrent pas des catastrophes meurtrières, de tout temps, car comme dans l'Europe de l'Ouest, les catholiques se sont développés en adjurant, la religion mère, utilisant la violence, les exactions, les meurtres pour s'imposer.

Une période épouvantable, décima une grande partie des communautés juives au milieu du 17ème siècle, à partir de 1648, qui fut appelée "Le déluge". Successivement, les cosaques s'en prirent aux Polonais et aux juifs pour les chasser d'Ukraine, puis une succession de guerres avec la Suède notamment créerent un climat douloureux pour les communautés juives. 

La conquête russe de la Pologne après le 3éme partage en 1795 vit les juifs devenir les boucs émissaires des autorités russes déclenchant de nombreux pogromes au milieu du 19ème siècle. Une émigration de plus de 2 millions de juifs s'en suivirent, principalement vers le Nouveau Monde.

Nous sommes issus de cette histoire..

Mon histoire est celle de migrants et d'un peuple déraciné depuis plus de deux mille ans.

 

Nous savons encore peu de choses sur ces tribus hébraïques dont l'une se consolida en Judée, il y a quelques deux mille ans ou plus - d'où l'appellation "juif".   

 

Au gré des expulsions,  des persécutions, des massacres, les communautés se dèplaçèrent d'Orient vers l'Occident, avec des retours pour certaines d'entre elles parfois.

 

Des foyers s'établirent en Grèce, Italie, France, Allemagne et Espagne médiévales, pour ceux qui formeront les ashkénazes.

Mais aussi de l'autre côté de la Méditerranée pour les Séfarades.

 

De nouveaux déracinements sous l'effet d'une chrétienté soucieuse d'établir sa domination, conduisirent des individus ou familles, comme de petites communautés à s'établir en Pologne, pour les ashkénazes et en Turquie pour le Séfarades vers la fin du Moyen-Age.

Indiscutablement le berceau de mes familles fut la Pologne, par quels chemins, quand et au grè de quels évènements, nul ne le sait encore?

Peut-être, les progrès en matière d'analyse de l'ADN des populations apporteront, plus tard, des embryons de réponse.

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Cartes empruntées au site "Les crises" : les dispersions

du peuple juif (Olivier Berruyer)

Les juifs se sont dispersés dans l'empire romain, vers 300 de notre ère.

La chrétienté s'est largement répandue vers 600, à travers l'Europe et une partie du Levant.

La domination musulmane commencera à s'imposer vers 900. Elle améliora la condition des Juifs tant à Alexandrie qu’en Afrique du Nord ou en Espagne.

Babylone (Babel en hébreu- partie sud de l'Irak actuel, sur les bords de l'Euphrate ) est resté un grand centre des Académies juives jusqu’au milieu du IXe siècle.

Aux XIe-XIIe siècles dans un climat marqué par les croisades et la reconquête chrétienne (Tolède est reprise en 1085) se développe un anti-judaïsme qui aboutit à des massacres en Europe occidentale.

Le concile de Latran (1245) donne une base juridique à ce rejet et les Juifs sont désormais tenus de porter un signe distinctif, la rouelle, 

Les mouvements et déplacements des communautés juives vont s'accélérer de France et d'Allemagne vers l'Est,  dont la Pologne.

La Génétique et les recherches  archéologiques commencent à révéler des hypothèses qui demandent encore à être vérifiées.

Une étude génétique réalisée par une équipe internationale, en Grande Bretagne, émet deux hypothèses :

1- La plus répandue, pas forcément complètement exacte, postule que les juifs ashkénazes sont arrivés de Palestine et son voisinage, vers le 1er siècle de notre ère, après la destruction de Jérusalem et son temple par l'armée romaine.

Des unions mixtes avec des habitants européens de souche auraient produit un certain brassage génétique.

Certains se seraient établis dans le Sud de la France, d'autres en Rhénanie qu'ils auraient fui au milieu du Moyen-Age sous les coups des expulsions et massacres, pour s'installer plus à l'Est, notamment en Pologne.

Ce seraient eux qui créerent le yiddish.

Cependant, certaines études de population  estiment impossible qu'environ 50 000 juifs, qui se seraient déplacés vers l'est, du 13 au 15ème siècle,  aient abouti à une population de 4 millions au début du 20ème siècle.

Le taux de natalité serait alors dix fois supérieur aux populations locales, et ce malgré les diffiucltés économiques, les maladies, les guerres et les pogroms qui ont ravagé les communautés juives.

2- L'autre hypothèse postule que les juifs ashkénazes auraient une origine principalement européenne et proviendraient de populations indigènes, d'Italie principalement, souvent converties au judaïsme.

Certains spécialistes font référence aux conversions massives dans l'empire des Khazars, peuple semi-nomade du nord du Caucase, à la suite de l'adoption de la religion juive par sa classe dominante entre 9éme et 10ème siècle.

Ainsi les principales régions d'origine de la population ashkénaze seraient le Levant, l'Europe et le Nord du Caucase.

Dans mon test ADN réalisé par "My Héritage", la provenance de mon propre ADN serait  à 90% ashkénaze, Europe Centrale et de l'Est - normal compte tenu de mes recherches généalogiques depuis le milieu du 18ème siècle localisant mes famille en Pologne-

mais les 10% restant pourraient confirmer l'hypothèse Khazars.

6,5% de mon ADN est d'origine Gréco-Italienne;

2,6% seraient "misrahi" que je traduis par le Levant

et 0,9% d'origine "Inuit".

 

Or l'empire Khazar s'est effondré au 13ème siècle attaqué par les Mongols et victime de la peste noire.

Les juifs Khazars ont fui vers l'ouest s'installant, en partie dans le royaume de Pologne et en Hongrie.

" Nous concluons que le génome des juifs d'Europe est une mosaïque de populations anciennes, incluant les Khazars judaïsés, des juifs gréco-romains, des juifs de Mésopotyamie et de Palestine"

explique Eran Elhaik, généticien (Ecole de Santé publique John Hopkins de Baltimore, USA).

Le peuplement des juifs en Pologne et Russie pourraient provenir d'un double mouvement, de Rhénanie et de l'Est des Balkans.

Voila donc le chemin possible de mes ancêtres très lointains

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En langue persane, la mer Caspienne est nommée mer de Khazar (daryâ-ye khazar ).

Sa désignation dans les langues turque et turkmène (Hazar Denizi) a la même signification. 

Leur origine turco-mongole les font venir probablement de l’Altaï, massif de l’Asie centrale russe, chinoise et mongole.

Les Khazars parlaient un dialecte turc et avaient une physionomie mongoloïde. 

Ce peuple, depuis longtemps disparu, a marqué cette région d’Asie au point de laisser son nom à cette mer fermée, considérée comme le plus grand lac du monde (avec une superficie de 370 000 km²) et qui partage ses eaux entre la Russie, le Kazakhstan, le Turkménistan, l’Iran et l’Azerbaïdjan.

Il m'a donc fallu approcher ces mille ans de présence juive en Pologne.

 

La situation des communautés juives est "mêlée" à l'histoire polonaise, tout en conservant son autonomie, avec ses richesses et ses douleurs. Rien de linéaire pourtant.

 

Le Musée Polin de Varsovie est une source d'informations et de recherches fondamentales.

Ma famille paternelle, notamment celle des Czalczynski, est située dans le sud de la Pologne, depuis le milieu du 18ème siècle.

Tout est parti en fumée entre 1942 et 1945.

 

Ma famille maternelle a fait comme plus de deux millions de juifs d'Europe de l'Est, à la fin du 19ème siècle, le "choix" de l'exil.

Pour eux ce fut la France. 

Une intégration plutôt réussie dans la France du 20ème siècle, malgré un antisémitisme qui a toujours affleuré.

Je tente de mettre en regard la vie de mes familles et les évolutions historiques, économiques et politiques aux quelles elles furent confrontées.

La Pologne d'aujourd'hui

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Plongée dans l'Histoire de France

Mon histoire, comme celle de ma mère et sa famille a plongé dans l'histoire française, tout au moins quelques années avant la première guerre mondiale. Mais l'aura de la France parmi les juifs progressistes de Pologne remonte à la Révolution Française et à la réhabilitation du Capitaine Dreyfus.

La France, depuis la Révolution Française de 1789, avait acquis un certain prestige dans les communautés juives ashkénazes, la première à avoir émancipé ses juifs et à en avoir fait des citoyens à part entière.

 

Pour autant, cela n'effacera pas un millénaire de persécutions, d'expulsions, de ségrégations dont les juifs furent victimes, jamais évoquées dans nos livres d'histoires.

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En 1290, le roi d’Angleterre expulse ses Juifs et confisque leurs biens.

Ils trouvent refuge en France du Nord et en Allemagne.

 

Entre 1132 et 1321, les Juifs du royaume de France sont expulsés et rappelés quatre fois…

 

L’expulsion de 1394 est la dernière et reste en vigueur dans nombre de provinces de France jusqu’à la Révolution.

Il n’y avait pas de limitations professionnelles aux activités économiques des Juifs à Rome, à Byzance ou dans les pays musulmans.

Mais celles-ci apparaissent dans l’Occident médiéval.

Les Juifs ne pouvaient ainsi posséder de terres ni devenir membres d’une guilde de marchands ou d’artisans chrétiens. Un certain nombre, quand ils le pourront, se feront donc prêteurs.

 

Aux XIIIe-XIVe siècles, les Juifs souffrent également de persécutions dans le monde musulman, de l’Egypte à l’Espagne.

Ma famille française, arrivant au moment de la Première Guerre mondiale, j'aborderai principalement le climat politique et social auquel mes familles furent confrontées, tout en faisant une incise sur les acquis de la Révolution Française, la question du traitement des juifs par Napoléon,  l'oeuvre laïque de la 3ème République et l'enracinement d'un fort courant antisémite au milieu du 19ème siècle.

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