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Mon Grand-Père Herschen Gedalia Leizerson

Sa famille venait de Varsovie

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 Mon Grand-Père Herschen Gedalia Leizerson

De la famille de mon grand-père, ceux que j'ai bien connus,

ce sont mon oncle et mes deux tantes que nous fréquentions beaucoup, quand nous étions petites (pas mon oncle à cause d'une sévère brouille familiale, dans les années 1950).

Je savais qu'une soeur de Grand-père était mariée à un frère de Grand-mère. Ils furent déportés depuis Paris-Drancy en 1942-43

Dans son dossier de naturalisation, Grand-père signalait un frère et une soeur partis à New-York, avant la seconde guerre mondiale, mais je ne sais quand!

J'ai vainement cherché ce Maurice Leizerson - que j'ai repéré comme Maurice Lazarus, témoin au mariage d'une cousine de Grand-Mère en 1925...  en vain.

Pour Lola cela s'annonçait plus difficile, m'imaginant qu'elle devait être mariée, ce qui complique la recherche.

Il est né en 1878 à Varsovie.

Il a décidé de quitter Varsovie en novembre 1911.

 

Pourquoi?

 

Les raisons ne sont pas claires. Certainement pressentait-il qu'il était sans avenir à Varsovie, ou ,qu'il était recherché pour ne pas avoir fait son service militaire.

Mon grand-père exerçait la profession de maroquinier.

Je ne sais pas si c'était sa profession à Varsovie.

Il avait 33 ans quand il est arrivé à Paris.

Je ne connais pas non plus quelle fut sa filière pour quitter Varsovie et venir à Paris, mais ma mère disait qu'il avait quitter Varsovie sous le nom de Raabe,

De Grand-père j'ai toujours su deux choses

- Il s'était estropié la jambe pour échapper au service militaire.

S'il fut réquisitionné à 21 ans, ce devait être vers 1899.

Dans son dossier de naturalisation, on peut lire qu'il n'avait pas fait son service militaire en Russie.

- Il est parti de Varovie sous le patronyme de Raabe.

Ma mère ne savait pas pourquoi. Ce qui laisse supposer qu'il avait un problème à Varsovie. Mais lequel? Etait -il recherché et pourquoi?

Il,a fallu enquêter, pour savoir d'où venait ce nom de Raabe.

Ils se sont mariés civilement à Paris en Aout 1914, à la mairie du 3ème arrondissement.

  • Ma tante Marie naquit en octobre 1914 (à gauche).

  • Ma tante Annie naquit en pleine guerre en 1916 (à gauche).

Toutes les deux sont nées à Paris.

Ma Grand-Mère est au centre, elle a 66 ou 67 ans. Cette photo a été prise en 1949 ou 1950. 

Mes tantes sont en vcances avec leur mère et leurs enfants.

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  • Mon oncle Raymond, lui, naquit en aout

1918

mais pas à Paris.

J'en déduis que ma grand-mère enceinte a été

évacuée vers le début de l'année 1918.

Raymond est né à Epernon, apparement pas

à l'hôpital (sur son acte de naissance est inscrit

le nom de la sage-femme qui a accouché

Grand-mère et son lieu d'habitation).

Début 1918, les allemands mitraillaient Paris.

 

Après sa naissance, il habitait, avec ses soeurs

et ses parents au 7 rue Saint Claude.

La famille déménagea en 1931 dans le 19ème arrondissement.​​

  • Ma mère, Suzanne Leizerson

Maman est née le 26 aout 1926.

Elle a 8 ans de moins que son frère Raymond, 10 ans de moins que sa soeur Annie et 12 ans de moins que Marie.

C'était un petit kyste annoncé à ma grand-mère âgée alors de 43 ans.

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Elle est écolière, à l'école de filles du 119 avenue Simon Bolivar à Paris dans le 19 ème.

Elle doit avoir une dizaine d'années.

Elle a quelques mois.

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La vie de Grand-Père à Paris

Exempté  de réquisition pour la guerre de 14-18 (comme il le fut en Pologne, après s'être estropié), il trouva un travail de maroquinier et même ouvrit, plus tard, un petit atelier dans le marais à Paris.

Quand il s'est fait inscrire sur le registre d'immatriculation à la Préfecture de Police, le 11 juillet 1912, il est stipulé qu'il est marié avec Hava Kronental, qu'il habitait 7 rue Saint Claude, qu'il est arrivé à Paris le 1er décembre 1911 et qu'il était ouvrier maroquinier.

Dans les papiers familiaux, j'ai retrouvé une carte de visite de Gustave Leizerson présentant sa fabrique de maroquinerie, spécialités d'articles riches et de fantaisie, située au 126 rue Amelot Paris XIéme. Pas de date.

Aux archives parisiennes, je n'ai trouvé qu'une trace des activités professionnelles de Grand-Père, comme maroquinier à façon au 99 avenue Simon Bolivar, son domicile d'alors, déclaré en juillet 1932.

Je pense que sa fabrique n'a pas marché, comme celle de son cousin Léon Alter Chwast qui fonda la sienne en 1923 mais fut en faillite en 1926.

 

La famille Leizerson vécut à cinq, puis six au 7 rue saint Claude, à la lisière du Pletzel, pendant 19 ans, dans un petit "deux pièces".

Ils furent six quand ma mère naquit en aout 1926. Et ils recevaient la famille de passage à Paris.

Un témoignage écrit d'une lointaine parente,Ida, dans l'immédiat après première guerre, signale la présence de Lipa/Léon Sternis, cousin germain de ma grand-mère, à leur domicile comme apprenti-maroquinier, vers 1917/18.

"Il avait atterri chez ce maroquinier, qui se trouvait être le mari de la cousine Eva. Ils avaient 3 filles et un peu plus tard un  garçon, mais à l'époque, ils étaient bien petits."(...)

Déja une erreur s'il y avait bien 3 enfants, c'était deux filles et un garçon - si cela se passait fin 1917 ou début 1918, Marie avait 3 ans, Annie 1 ans et Raymond ne naîtra qu'en aout 1918, non à Paris mais à Epernon.

"Je crois que leur atelier-logement était situé rue de Belleymes, dans le 11éme arrondissement." (...)

Deuxieme erreur, l'appartement de mes grands-parents était disjoint de l'atelier, le premier rue St Claude, le second rue Amelot.

"Un soir en rentrant du travail, Fanny, (qui épousera plus tard Léon), bouleversée, dit à mes parents (ceux d'Ida et Fanny): le patron et sa femme - je ne me souviens plus de leur nom mais je sais que le femme s'appelait Eva- sont sortis ce soir et ont enfermé Léon dans sa petite chambre.

Le patron était un homme très méfiant et il avait enfermé Léon, probablement pour être certain qu'il ne recevrait personne... ou qu'il ne sortirait rien  de la maison. Et pourtant Eva était une cousine de Léon, mais son mari n'en tenait pas compte. (...) Le lendemain Fanny aperçut sur la table un restant de pain et une sardine, reliefs du "souper" de Léon. Cela lui fit encore plus de peine."

Deux informations nouvelles, Léon travaillait chez Grand-Père et dormait dans l'atelier et Fanny devait aussi y travailler.

La rédactrice, la soeur de Fanny situe la scéne en 1917. J'imagine que si Grand-Père faisait travailler deux personnes en plus de lui, son commerce devait fonctionner. Mais ce qui me trouble dans ce témoignage, c'est qu'il va à l'encontre de tout ce qui se disait de positif sur Grand-Père, notamment sa gentillesse et son côté aidant...

Je pense que la relation de mes grands-parents avec Lipa Sternis ne devait pas être au beau fixe.

Ce fut la femme de Léon Alter Chwast qui fut le témoin du couple à leur mariage en décembre 1918, et pas ma Grand-Mère.

A ma connaissance, ils ne furent pas parmi les relations familiales régulières de ma famille, alors que certaines des soeurs de Lipa/Léon, oui.

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Mes grands-parents adhéraient à la Société des Amis de Varsovie

L'adhésion s'est perpétuée jusqu'à nous, ou plus exactement jusqu'à la mort de mes parents.

Je me souviens que petites, nous accompagnions nos parents aux banquets de la Société.

Il m'a fallu faire des recherches pour retrouver l'histoire de cette société. Une grande partie de notre famille est enterrée dans leurs caveaux au cimetière parisien de Bagneux.

Je ne sais pas quand mes Grands-Parents ont adhéré à cette "landsmanschaften" . Ces sociétés de secours mutuels avaient pour but de protéger les populations juives immigrées qui avaient un statut juridique précaire.

Elles furent crées vers la fin du 19ème siècle et se multiplièrent dans l'entre deux guerres. Mais malheureusement les archives furent détruites en 1940, pour ne pas qu'elles tombent entre les mains des allemands et des collaborateurs.

Quand Grand-Père fut naturalisé en 1928,

il dut faire une demande de logement social qu'il obtint en 1931, un trois-pièces/cuisine, au 99 avenue Simon Bolivar, une Habitation à Loyer Bon Marché, dans le 19ème, qui venait d'être construite.

Je connais bien ce logement puisque j'y ai vécu jusque mes 18 ans. 

Les quatre enfants furent scolarisés, les trois premiers dans le 3ème arrondissement. Je n'ai pas retrouvé leur nom dans les registres matricules où ils ont dû être inscrits. Ils sont manquant dans certaines écoles du 3ème.

Mais j'ai retrouvé l'inscription de ma mère à l'école de filles du 119 avenue Simon Bolivar. J'en fus directrice de 1998 à ma retraite en 2015. Nous avions la chance d'avoir tous les registres matricules depuis 1879. J'ai pu le montrer à ma mère!

Les quatre enfants obtinrent leur certificat d'étude.

Seule ma mère fit des études après, un cours commercial, interrompu par la guerre. 

Je ne sais pas grand chose de la vie de la famille et de mon grand-père à Paris, ni du climat politique auquel ils durent faire face.

Les années de reconstruction, après la première guerre mondiale, n'ont pas dû être facile, avec une extrême droite, au travers des ligues, qui distillaient le poison antisémite et nationaliste.

En même temps la famille bénéficiait de la modernité nouvelle: un beau poste radio, un tourne-disque à pavillon et de nombreux 78 tours.

Bien sûr l'appartement ne disposait pas de salle de bain, mais la cuisine, une grande pièce, ménageait un coin  pour faire sa toilette. Il y avait des WC par contre.

Mon Grand-père devait suivre la politique et lisait le Populaire, organe de la SFIO. Ma mère nous disait qu'il était socialiste. Il a écrit au courrier des lecteurs, je ne connais pas la teneur de sa requête. Mais ce qui se disait dans la famille, c'est que la note qu'il reçut en retour le révolta : "Messieurs les étrangers, vous êtes priés de ne pas vous mêler de politique française". Elle était signée du député SFIO du 19ème Eugène Fiancette. Ce triste sire fut déclaré hors SFIO en 1934 et figurera sur la liste de Pierre laval en 1935 aux élections sénatoriales. Il votera les pleins pouvoirs à Pétain en 1940.

Je ne sais pas comment mes Grands-parents vécurent le Front Populaire. 

Mais enfant, ma mère nous apprit "Au devant de la vie" quasi hymne du Front populaire, reprise, par le PCF, d'une chanson soviétique sur une musique de Chostakovitch et les paroles de Jeanne Perret.   

Ma mère nous a toujours dit que son père s'occupait de sa scolarité.

Il suivait ses études. Elle se souvenait, qu'une fois, partie en colonie de vacances, elle tomba malade, c'e fut son père qui vint la chercher.

Pourtant, il n'était pas en bonne santé.

Il avait des crises d'asthme impressionnantes et pouvait rester debout, à la fenêtre de sa chambre, à chercher sa respiration, une grande partie de la nuit.

Nous ne savons pas si ce fut la raison de son décès ou les privations de la guerre, ou encore le non retour de sa soeur, ses beaux-frères et son neveu Daniel, peut-être tout à la fois, il décéda en novembre 1945.

Cela a causé beaucoup de chagrin à ma mère.

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J'ai détaillé à la page de ma mère, Suzanne, la vie pendant l'occupation. Cliquer sur le lien jaune pour y accèder.

C'était la carte d'identité de mon Grand-Père renouvelée en novembre 1943 avec le tampon poinsonné "JUIF"

Les Leizerson

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Marie Leizerson Doukhan

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Salomon/Raymond Leizerson

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Salomon et Sara Leizerson

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Annie Leizerson-Firer

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Goscia ou Génia dite Gutchè Leizerson Kronental

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Suzanne Leizerson-Czalczynski

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