top of page

La famille de Tante Marie :
les Doukhan

Tata Marie" était la soeur aînée de maman.

Nous sommes restées très proches de la famille de Marie.

Nous adorions l'oncle Victor, son mari, un séfarade débordant de joie et de gentillesse.

Leur fils unique, notre cousin, William, fut pour ma soeur et moi comme un grand frère.

Ils habitaient très près de chez nous et nous mangions ensemble tous les samedis soirs: tartines de pain, fromage, café au lait (chocolat pour nous, les enfants) et quelques gâteaux!

Nous partagions également les vacances d'été, souvent à la mer : La Baule, Arcachon, Cannes, les Baléares...

Enfance

Elle est née au début de la première guerre mondiale, le 18/10/1914.

Mes grands-parents ont dû se dépêcher de faire leur mariage civile en aout 1914.

Je n'ai pas trouvé les écoles où mon oncle et mes tantes ont été scolarisés. Parmi les écoles du 3éme arrondissement, peu ont conservé des archives complètes.

Je ne sais pas si elle a été à l'école maternelle, mais l'école élémentaire étant obligatoire, elle y a forcément été en octobre 1920.

Est-ce rue de Turenne ou rue de Belleyme, les écoles les plus proches de la rue St Claude?

Une interrogation : Ma Grand-Mère a du partir pour Epernon, vers mars/avril 1918 pour accoucher de Raymond. Est-ce que toute la famille est partie? Mon grand-père est -il resté avec les deux petites :Marie 4 ans et Annie 2 ans?

Autre moment inconnu : mes grands-parents firent successivement un voyage à Varsovie, mais sans les enfants : mon grand-père  du 26 mars 1921 et il est revenu deux mois plus tard, le 16 mai. Sa mère était morte en octobre 1920.

Plus complexe comme situation ma grand-mère est partie le 24 aout 1921 mais n'est revenue que le 17 janvier 1922.

Qui a pris en charge les enfants, pendant plus de 4 mois?

Marie avait 7 ans, Annie 5 ans et Raymond 3 ans?

J'ai du mal à penser que mon grand-père ait pu seul les prendre en charge.

Ont ils été placé ? Fanny Chwast et sa fille Hélène (12 ans) ont elles aidé mon grand-père (elles habitaient dans le même immeuble)?

Ma grand-mère a investi ses envies artistiques sur ma Tante Marie.

Elle lui a facilitée son entrée à l'école de danse du Châtelet.

J'enquête pour savoir s'il existe des documents la concernant.

Toutes les Archives des Théâtres parisiens ont été déposées dans les fonds de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris (rue Pavée)w;

Paul Lehman qui prend la direction du théâtre du Châtelet créa une école de danse en son sein en 1929.

Quand Marie l'intégra-t-elle? A t-elle pris des cours privés?

Je continue l'enquête!

fceaaf73-9891-489f-9c4b-434b821be553.jpg
IMG_8596.JPG

Nous disposons de plusieurs photos  de ma tante danseuse; j'ai retrouvé deux coupures de presse où son nom apparaît dans des prestations,

- le 18 juin 1932, dans le cadre de la "fête de l'eau, de l'élégance, du théâtre et su sport," à la piscine Molitor

- Le 4 mars 1934 dans l'Intransogeant: son nom apparait dans le cadre du Gala de l'Union au Cirque d'Hiver, elle danse dans une chorégraphie: "Valses d'Orient".

IMG_8367.jpg
IMG_0739_edited.jpg
tata danseuse.jpg
PhotoFix_18_2_19.jpg

Marie rencontra Victor Doukhan (1912-1993).

Je ne sais pas quand, ni comment?

 

Victor était né à Constantine d'une famille séfarade.

Je ne crois pas que cela ait posé problème à mes grand-parents.

Toujours est-il qu'ils se marièrent religieusement et à Mairie du 19  éme arrondissement le 28 aout 1936. 

Le témoin de Marie était le cousin de Grand-Père, Léon-Alter Chwast, et celui de Victor, Simon Assoun, un de ses cousins.

 

Pour le moment, je n'ai pas encore fait de recherche sur mon oncle Victor.

Je ne sais pas quand il quitta Constantine, ni s'il fit son service militaire là-bas.

Quand il s'est marié, son père Benjamin Doukhan était décédé, il s'était fait renverser par un autobus. Je crois qu'il tenait un café à Constantine. 

Sa mère Tchekouna Assoun était à Constantine.

La question du mariage d'Annie et de Marie créa une tension familiale.

Ma tante Annie rencontra celui qui deviendra son mari Jean Firer, bien avant que Marie ne rencontra Victor. Elle voulait se marier avant sa soeur. Ma grand-mère refusa net, prétextant qu'ils n'avaient pas les moyens de payer deux robes de marié. Marie l'aînée devait se marier avant sa soeur, qui retoucherait ensuite la robe à sa taille.

Cela peina beaucoup ma tante Annie, et renforça son ressentiment envers sa mère.

Nous n'avons  pas de photos de la cérémonie de mariage.

Marie continua  à être danseuse.

Victor était en ce temps là vendeur. Il habitait, avant son mariage, 7 rue Manin.

Je ne sais pas si le couple habita là, après le mariage.

Ni comment Marie et Victor vécurent jusqu'a la guerre.

IMG_1701_edited.jpg
Mère et frère Victor.jpg

La mère de Victor Tchekouna Assoun, Lucien le frère de Victor, Marie et Victor

Autre grand mystère : ce qui s'est passé pendant l'occupation.

Sur le compte rendu de l'enquête de "dénaturalisation", ma tante est déclarée en zone libre.

Ce qui se disait dans la famille, c'est qu'elle avait de faux papiers et qu'elle continuait de danser au Châtelet.

Apparemment, elle ne vivait pas avec Victor et aurait été "protégée".

Je ne sais pas par qui et dans quelles conditions.

Toujours est-il qu'elle apportait de quoi améliorer l'ordinaire à ses parents.

Victor a t-il été réquisitionné à l'armée à la déclaration de guerre ?

Où vivait-il ?

Il a dû être un moment à Paris, car il faisait du marché noir avec Raymond, son beau-frère.

Marie Victor jeunes.jpg
Victor Marie mairie.jpg

Après la guerre, dans l'année 1944, Victor et Marie se retrouvèrent.

Et le 4 février 1945 naquit mon cousin William, que nous appelions "Zizou".

Je sais que mon oncle et ma tante tinrent un café pendant un certain temps.

Mon oncle était l'homme le plus adorable qui soit, mais il avait un sévère défaut, il était addict au jeu.

Donc, leur commerce ne prospèra pas.

Mon oncle retourna à la vente : il devait être bon vendeur parce qu'il avait de la "tchatche". Un nom d'employeur me reste, les établissements Jablonska.

 

chez Marcelle, une cousine de Madeleine Kronental. 

Ma tante trouva un métier de vendeuse: quand j'étais jeune, elle travaillait pour la maison Rodier et nous rapportait des pulls ou de petits ensembles en maille légère. Ensuite, elle travailla comme extra, le samedi

Je les ai toujours connus habitant passage des Fours à chaux, à cinq minutes de chez nous. Ce passage longeait l'école de garçons du 119 avenue Simon Bolivar où était scolarisé mon cousin.

L'immeuble était ancien et le passage aussi, dans ce quartier où l'on extrayait le gypse (pierre de plâtre) depuis le 13ème siècle.

Il y avait des carrières souterraines sous la colline des Buttes Chaumont.

A proximité, les fours à plâtre se multiplièrent.

Les chaufourniers surveillaient la cuisson du gypse. Si les fours à chaux ont disparu en 1875 avec la fermeture des carrières, le passage où ils se trouvaient a conservé leur nom et sa physionomie, tout le temps de notre enfance.


 

IMG_8573.jpg
IMG_8574.jpg
IMG_8575.jpg

A un bout du passage, se trouvait l'Avenue Simon Bolivar, en premier plan sur la photo, à l'autre extrêmité se trouvait un passage couvert surmonté d'un immeuble débouchant sur la rue de Meaux.

Tout cet ilot fut reconstruit en 1972.

Mon oncle et ma tante durent déménager rue de Belleville (près de l'endroit où mes parents avaient déménagé  5 ans plus tôt).

Nous allions très souvent, notamment le jeudi, chez ma tante.

Elle habitait au milieu du passage.

Pour entrer, chez elle, nous franchissions un porche donnant sur une grande cour carrée et pavée. Plusieurs escaliers desservaient une coursive par étage, bordée de balustrades en bois, comme des rondins, un peu sculptés.

Chaque logement était accessible par cette coursive.

Je crois qu'il y avait 4 étages. Ces immeubles étaient un magnifique terrain de jeux pour les enfants.

Ma tante nous emmenait souvent au cinéma Secrétan le jeudi.

Je crois que c'est avec elle que nous avons vu Ben Hur, sorti en 1959.

Nous avons passé de nombreuses vacances joyeuses avec eux!

Il me reste un mystère à résoudre.

Nous avons toujours connu notre oncle avec le coté gauche du front enfoncé. Nous l'avons souvent interrogé sur les circonstances d'un tel accident. A chaque fois, les explications changeaient : une fois, c'était un accident quand il était petit, une autre fois, il avait sauté d'un pont à Constantine pour échapper à des poursuivants. Bref, il ne voulait pas en parler! Quand je regarde les photos de son mariage, son front gauche n'est pas enfoncé en 1936. Dans les photos d'après-guerre, on voit la trace de cet enfoncement. Je pense qu'il lui est arrivé quelque chose pendant la guerre, dont il ne voulait pas parler!

Firer Doukhan couleur .jpg
Marie vacances.JPG
marie annie grand mère.jpg
IMG_8559_edited.jpg

En haut à gauche en 1946 avec Annie et Jean Firer et leur enfants.

A gauche Tata Marie en 1945.

En dessous, en vacances avec la grand-mère, certainement en 1947/48.

La photomaton doit dater de 1945.

Marie Victor Zizou petit_edited.jpg
3 doukhan Zizou petit_1947.JPG
Annie Marie enfants.JPG

A gauche, certainement en 1949. 

A droite printemps 46.

En dessous, Zizou/William grandit!

3 doukhan, Zizou ado.jpg

A gauche, la famille Doukhan avec Raymond, je n'ai pas identifié les deux enfants, celui du milieu c'est William, le "grimaceux" début des années 1950.

 

En dessous, avec notre cousin William, ma soeur et moi,  dans les années 1960  et ma famille et tata Marie, fin des années 1950.

PhotoFix_13_4_39.jpg
PhotoFix_13_29_32.jpg

En vacances ensemble: à droite vers 1960, à gauche vers 1962

Mon oncle Victor décéda d'une crise cardiaque sur le quai de la Gare de Cannes, dans les bras de son fils le 23 mars 1993. Il avait 84 ans.

Ma tante Marie mourut le 2 avril 2002 à la maison de retraite Rotschild à Paris 12ème. Elle avait 88 ans.

Annie Coiffman, dite Nanou, la femme de notre cousin William et quasi notre soeur, décéda le 23 avril 2023 à l'hôpital des Diagonesse dans le 12ème. Elle a attendu que nous partions de sa chambre pour mourir deux heures après. Elle avait 78 ans.

William, atteint de la maladie d'Alzheimer depuis quelques années, est décédé  à l'hôpital St Antoine, le 1er juin 2023, un mois après sa femme. Nous l'avons accompagné le mieux que nous le pouvions.

Nous avons perdu, ma soeur et moi, notre grand frère. Il avait 78 ans

bottom of page