
Génialogie familiale

Les Berliner
Tout est parti d'un souvenir d'enfance.
Avec mes parents, nous rendions visite certains dimanches à des cousins de ma mère dans la vallée de Chevreuse (grande banlieue parisienne).
Ce nom de lieu ne s'oublie pas et la dénomination des cousins non plus ; "le grand et le petit Charles".
J'en parle à Madeleine Kronental, la cousine germaine de ma mère.
Elle nous éclaira: elle continuait à être en relation avec la femme du "petit" Charles.
Elle connaissait les enfants du "Grand" Charles.
Nous rencontrerons Gisèle, la femme du "petit" Charles. Et avons appris leurs histoires.
J'ai demandé aux archives le dossier du "grand" Charles et les liens familiaux se sont éclairés.

Le "grand"" Charles Berliner
Il est né Szlama Baruch Berliner en janvier 1912. Il est décédé en 1994.
Son père était Abraham (Avram) Berliner né en 1880.
Sa mère portait un nom qui établit d'emblée nos liens familiaux: Eva (Hawa) Sternis, née en 1881 et déjà morte quand Szlama faisait sa demande de naturalisation, en 1933.
Il avait un frère aîné qui était à Paris quand il décida d'émigrer.
Yitsock Berliner né en 1907, était donc de 5 ans son aîné.
Il était, quand il l'a rejoint, employé de magasin en lien avec le caoutchouc, 84 rue des amandiers dans le XXème arrondissement de Paris. Ils habitèrent ensemble, un bon moment.
Il avait également, une soeur plus jeune.
Elle avait 14 ans en 1933, était écolière et vivait encore avec son père à Varsovie.
Sarah est née en 1917. Elle a dû émigrer en 1934/35.
Quand Charles est arrivé à Paris, en octobre 1929, il a été domicilié 84 rues Amandiers, dans un meublé avec son frère, jusqu'au 18 mai 1930. Puis, apparemment il eut la, bougeotte : il a habité 80 Bd de la Villette pendant 3 mois. Il a travaillé comme son frère à domicile en étant caoutchoutier à façon pour le compte de la Maison Arross, 3 rue Etienne Marcel.

Puis il eut plusieurs domiciliation, dans des hôtels notamment: 14rue de Ménilmontant à Paris 20ème, puis 22 rue de Tlemcen, 2 rue des maronites, 14 rue Delaître, toujours dans le 20ème.
En aout 1932, il a rejoint son frère au 84 rue des Amandiers.
Il gagnait à ce moment là 300 frs par semaine, et partageait un loyer annuel de 1600fr avec son frère.
Dans l'enquête de police conduite en vue de sa naturalisation, il est déclaré bien assimilé et maitrisant le français.
Il suit des cours du soir, mais il n'est pas dit dans quelle branche.
Il a été naturalisé en 1934.
Du 15 avril 1935 au 15 avril 1936, il a fait son service militaire au 137ème régiment d'infanterie à Strasbourg et a obtenu un certificat de bonne conduite.
Il a fait une période d'exercices du 7 au 20 aout 1938, et a été, à nouveau incorporé du 24 septembre au 9 octobre 1938.

Revenu à la vie civile, il a été déclaré "marchand-forain" en articles de Paris, sur divers marchés de la région parisienne.
Rappelé à la mobilisation générale, le 24 aout 1939, au 154ème régiment d'infanterie, il a fait toute la campagne aux armées et fut réformé définitivement le 7 février 1940, pour "insuffisance mitrale, datant de l'enfance".
Il a rejoint son frère 21 rue Houdart dans le 20ème.
Officiellement, il aurait quitté cette adresse pour se rendre en zone libre, dès 1941.
Personne pour me dire s'il y était réellement et où, ou s'il se cachait à Paris.
Pendant la guerre, il a fait l'objet d'une procédure de dénaturalisation prononcé en mars 1944, avec ce commentaire "Aucun renseignement défavorable".
Je ne sais pas comment il a survécu pendant la guerre.
Il s'est marié, après la guerre, avec Odette Farber et a eu deux fils, Jean-Pierre et Patrick, que je ne connais pas.
Il est décédé en 1994 à Ivry sur Seine.

De gauche à droite:
Szlama Baruch dit - Charles Berliner;
- Sarah Berliner qui fut déportée;
- Un de leur cousin qui, après guerre est parti en Israel;
-Yitsock l'ainé dont je pense qu'il fut déporté.


Sarah Berliner et
le "petit" Charles
Je ne sais pas quand et pourquoi Sarah a rejoint ses frères à Paris. Peut-être après le décès de son père, se trouvant orpheline.
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Elle est née en 1917 à Varsovie et malheureusement a été déportée à Auschwitz, consécutivement à la rafle du Vel d'hiv le 16 juillet 1942.
En arrivant à Paris, Sarah a dû habiter avec ses frères ou tout au moins l'un deux au 14 rue de Ménilmontant.
Puis il semblerait qu'elle ait connu une homme hongrois, dont on ne connait pas le nom. Elle eut de lui un enfant qui naquit le 10 septembre 1939 à l'hôpital St Louis dans le Xème arrondissement. Seule sa mère l'a déclaré.
Elle a déménagé au 3 rue Etienne Dolet, toujours dans le 20ème, de 1941 à juillet 1942.

Dans l'histoire familiale, il est dit que son compagnon a été arrêté, sans que nous sachions pourquoi et quand exactement, peut-être avant la naissance de son fils. Elle a dû pouvoir le contacter parce qu'il connaissait son adresse.
Prévenue par une voisine et une assistante sociale de la rafle de la mi juillet 1942, elle a refusé de partir en invoquant que si son compagnon revenait, c'était le seul endroit où il pourrait la retrouver.
Par contre, elle a accepté de confier son fils à cette assistante sociale.
Le lendemain, elle fut emmenée par la police française au Vel d'hiv puis à Drancy, du 16 juillet au 26 juillet 1942.

Elle est partie le 27 juillet par le coinvoi n°11. Il y avait 1000 personnes. 12 personnes sont revenues.
"On trouve dans ce convoi:
- Rywka Gryn (44 ans), la mère de Tony Gryn, résistant, journaliste de la presse yiddish à Paris, ambassadeur d'Israël au Niger puis au Rwanda ;
- Szyfra Hopensztand (36 ans),
- Chaja Fensterszab (44 ans), la mère d'Ida Grinspan (14 ans), (déportée par le convoi no 68, survivante),
- Nuchim Plocki (50 ans) et Rifka Plocki (41 ans), les parents de Maurice Rajsfus,
- Sura Goldfajn (29 ans) et sa sœur Cypora Ajzenberg (35 ans),
- Fajga Cybulski née Pinkwasser (54 ans), la grand-mère de Patrick Braoudé."

Les retrouvailles de l'oncle et du neveu
Quelques années après la fin de la guerre, Charles '(Szlama) rendait visite à une cousine. Il a croisé une ancienne voisine de sa soeur qui lui a demandé des nouvelles du "petit" Charles.
Pour lui, Charles avait été déporté avec sa mère.
Cette ancienne voisine de sa soeur lui a appris que Sarah l'avait confié à une assistante sociale.
Szlama/Charles s'est mis en quête de son neveu. L'assistante sociale l'avait placé à la campagne. Son enquête déboucha sur le lycée d'Autun où il retrouva son neveu en 1949. Il l'adopta.
Charles Berliner (le petit) devint pupille de la nation en mars 1955.
Il se maria avec Gisèle Nakache en mai 1975, eut deux filles Sandrine et
Il décéda en mars 1991. mes parents étaient à son enterrement.





Yitsock Berliner
C'était l'aîné de la famille.
Il lui a été donné le prénom de son grand-père Sternis, ce qui suppose que ce dernier était décédé à sa naissance en 1907.
De lui je ne sais pas grand-chose.
Pourquoi est-il venu à Paris et quand?
Il y était quand son frère l'a rejoint en 1929.
Contrairement ,à son frère, je n'ai pas de trace de sa naturalisation.
Il fut caoutchoutier.
Qu'est il devenu pendant la guerre ? A-t-il été raflé ?
Il n'apparait pas dans la liste des déportés de France.
Son mystère reste entier.