
Génialogie familiale

Ma famille Landszaft
Du temps de la jeunesse de mon père, la famille Landschaft était déjà une grande famille : sa mère avait 10 frères et soeurs, (7 filles et 4 garçons). Le troisième enfant: Jakob-Szmul est décédé à l'âge 1 an et 6 mois. Et voila pourquoi mon père porte le prénom de Szmul
Mon père nous disait que son grand-père maternel avait 7 pierres à caser!
Ce dont se souvenait mon père : cette famille Landszaft venait de Russie.
Leur migration sur les terres polonaises devaient dater de l'instauration de la Zone de Résidence.
Catherine II de Russie contraignit quasi tous les juifs vivant dans l'empire russe à se déplacer dans un territoire situé entre la Baltique et la mer Noire, englobant la Pologne, la Lituanie, l'Ukraine et la Moldavie.
Mes ancêtres Landszaft s'implantèrent dans un petit sthetl Klimontow, dans les faubourgs de Sedziszow, à quelques kilomètres de Jedrzejow, dans le district de Kielce.



Quand ils durent migrer, la ville de Jedrzejow n'admettait pas les juifs.
Ils purent s'établir dans ce petit sthetl bien avant 1862, date à laquelle le Tsar Alexandre II imposa de grandes réformes à l'Empire : abolition du servage (1861), une grande réforme judiciaire, une autre
de l'enseignement, puis du service militaire (ramené de 25 à 6 ans).
Il élargit la possibilité des juifs de s'installer hors la zone de résidence et les restrictions économiques et éducatives contre les juifs furent levées.
L'assassinat du Tsar en 1881 déclencha partout sur le territoire russe des pogroms anti-juifs. Ils étaient les bouc-émissaires désignés face à la contestation montante dans l'empire.
Mais, il ne semble pas que dans leur petit coin de Pologne, la famille Landszaft en fut victime.
Mon père savait que sa famille vivait à Klimontow.
J'ai retrouvé également ce nom dans le récit de Sabina, la nièce d'Henri Landsczaft.
J'eus du mal à trouver la localisation de Klimontow, car il en existe plusieurs en Pologne : un petit village dans la province de Lodz, un autre près de Sandomierz (mais aucune référence aux Landszaft dans ces lieux) et j'ai fini par repérer un Klimontow, non loin de Jedrzejow, près de Sedziszow (28km).
En fait Klimontow est à environ une trentaine de Km de Jedrzejow.





Plusieurs familles Landszaft vivaient à Jedrzejow, le père d'Henri (cousin germain de mon père, qu'il cotoya à Munich et à Paris après la guerre, avant de s'installer à Francfort) notamment.

Dans ce tableau, tiré du Yiskor Book de Jedrzejow, on peut voir que la population juive est venue s'installer dans la ville entre 1882 et 1897, quand fut levée l'interdiction de résidence des juifs.
En 1939, ils représentaient 1/3 de la population.
Apparemment les parents de ma grand-mère Perele Landszaft restèrent à Klimontow et le jeune couple Czalczynski vint s'y installer d'après mon père.
Ce que j'ai pu établir de l'histoire de la famille
J'ai pu retrouver les traces des ancêtres Landszaft depuis la fin du 18ème siècle, dans les registres de Checiny, et Wodzislaw.
Il semble que Wodzislaw soit le centre religieux et administratif des juifs qui vivaient dans cette région.
En adhérant au CRARG ( groupe de recherche de la région de Czestochowa-Radomsko) qui centralise, entre autre, les documents des villes de la région de Wodzislaw, Kielce, Jedreszjow,,Wloszczowa... j'ai pu reconstituer la famille Landszaft, dont l'orthographe variait suivant le scripteur.
Quasi toute la famille de ma grand-mère figure sur les registres de Wodzislaw: des décès, notamment des ancêtres les plus anciens, des naissances, tous les enfants de Majer et Ruchla et certains mariages, en partie ceux qui se firent dans ce district religieux.
J'ai eu confirmation, par l'acte de naissance du premier enfant de Perla Landszaft et Kasriel Czalczynski, Mayer-Berek ,en 1911, que le jeune couple vivait à, ou près de Klimontow.
J'ai également eu la confirmation, sur plusieurs actes, que le Klimontow de la famille Landszaft était bien localisée dans la commune de Sedziszow et dépendait de la municipalité de Mstyczow.
'
Mon père se souvenait des prénoms de ses neufs oncles et tantes, j'ai pu retracer leurs familles. Par contre, il n'a jamais parlé d'un onzième enfant décédé, dont il a hérité le prénom.
Et ce qui stupéfiait le plus mon père: un membre de chacune de ces familles a survécu à la Shoah. Sur au minimum 150 personnes, seuls une douzaine est restée en vie.



