
Génialogie familiale
Les shtetl où vivaient les Czalczynski et les Landschaft
Et Varsovie
pour les Kronental et Leizerson
Vous pouvez cliquer sur le nom du sthetl pour lire directement
Kielce
L’implantation de la communauté juive à Kielce s’est faite de manière très tardive mais extrêmement rapide, en raison d'interdictions religieuses puis de réformes juridiques.
Contrairement à d’autres régions de Pologne où les Juifs étaient installés depuis le Moyen Âge, Kielce leur est restée fermée pendant des siècles.
Une interdiction historique (Jusqu'en 1862)
Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, Kielce appartenait aux évêques de Cracovie. Ces derniers appliquaient strictement le statut de Privilegium de non tolerandis Judaeis, qui interdisait formellement aux Juifs de s'établir ou de commercer dans la ville.
Même après le passage de la ville sous autorité autrichienne puis sous tutelle de l'Empire russe (Royaume du Congrès) au début du XIXe siècle, les restrictions de résidence sont restées maintenues par la municipalité.
Les commerçants juifs des bourgs voisins (comme Chęciny) pouvaient y faire des affaires la journée mais devaient repartir le soir.
Le décret d'émancipation de 1862
Le tournant historique a lieu en 1862, lorsque le tsar Alexandre II de Russie promulgue un décret d’émancipation. Cette réforme accorde aux Juifs l'égalité des droits civiques et, surtout, la liberté totale de s'installer dans les villes qui leur étaient auparavant interdites.
À partir de cette date, l'immigration s'accélère :
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1860 : Seules 31 familles juives vivent illégalement ou par dérogation à Kielce.
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1873 : La ville compte près de 1 000 habitants juifs.
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1897 : La population juive atteint 6 400 personnes, représentant environ 27 % de la population totale.
Le développement économique et industriel
L'implantation s'est solidifiée grâce au dynamisme économique de la communauté. Les nouveaux arrivants investissent massivement dans le commerce local et l'extraction des ressources naturelles des monts Ste-Croix :
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Ils ouvrent des tanneries, des scieries et contrôlent une grande partie des boulangeries et des commerces de détail de la ville.
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Des actionnaires juifs fondent de grandes industries, notamment une cimenterie majeure (1896) et la grande usine de verre Heiman (1897).
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De grandes familles d'industriels (comme les Zagajski) développent les carrières de calcaire environnantes (notamment le site de Wietrznia).
L'apogée culturel et la destruction
Au début du XXe siècle, Kielce devient un pôle culturel juif majeur. Une grande synagogue y est construite entre 1902 et 1909, accompagnée de dizaines de maisons de prière, d'écoles (yéchivot et chéders) et d'organisations politiques (sionistes et bundistes).
1915-1918 : occupation austro-hongroise dans la région de Kielce
L'administration austro-hongroise devient déterminante.
La population subit : réquisitions de nourriture ; contrôle des récoltes ; restrictions économiques ; travail forcé ou recrutement de travailleurs ; pénuries ; inflation ; perturbation des transports et du commerce.
Les occupants exploitent fortement les ressources du pays.
Mais il y a aussi une conséquence politique paradoxale : les Polonais acquièrent progressivement une expérience d'administration autonome, tandis que les Empires centraux commencent à envisager une future Pologne.
En novembre 1916, l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie proclament ainsi la création d'un « Royaume de Pologne », encore entièrement dépendant des puissances occupantes.
En 1917, un Conseil de Régence polonais est créé. La guerre a donc détruit l'ancien ordre impérial tout en préparant la renaissance de l'État polonais
À la veille de la Seconde Guerre mondiale en 1939, Kielce compte environ 24 000 Juifs, soit un tiers de la population de la ville.
Cette communauté florissante, dont l'histoire n'aura finalement duré que moins d'un siècle, fut intégralement anéantie par l'occupant nazi dans le ghetto de Kielce et le camp d'extermination de Treblinka
Ce qui reste aujourd'hui de la communauté juive de Kielce :deux traces majeures :
• La Grande Synagogue de Kielce.
Ce grand bâtiment de brique du début du XXe siècle a survécu car les nazis l'ont converti en prison et en dépôt. Utilisé après-guerre pour les archives d'État, un projet architectural majeur transforme le bâtiment pour en faire la House of Understanding (Maison de la Paix/de la Compréhension), un centre culturel dédié à la mémoire de la Shoah et à l'histoire juive.
• Le monument du Pogrom de 1946 : Situé au 7 de la rue Planty, ce mémorial rappelle l'incroyable pogrom survenu après la guerre, où des survivants juifs de retour chez eux ont été assassinés par une foule locale.
L’implantation des Juifs dans les localités entourant Kielce s’est faite selon des dynamiques bien différentes.
Alors que Kielce leur était fermée, plusieurs de ces bourgades (souvent appelées Shtetls) possédaient des communautés juives anciennes et très majoritaires, tandis que d'autres ont suivi le modèle de Kielce avec une installation tardive au XIXe siècle.







Ces diverses vues de Kielce sont extraites de"sztetl.org.pl" : une vue sur Kielce, la rue juive Ulca, deux vues de la synagogue, dans les années 1920 et 30. La synagogue rénovée aujourd'huiu,,le cimetière et l'enterrement des victimes juives du pogrom poloinais de 1946.
Checiny
Le cœur historique et le refuge de la région
Contrairement à Kielce, Chęciny possède l'une des communautés juives les plus anciennes de la région, attestée dès 1465.
• Le berceau régional : Comme Kielce interdisait l'accès aux Juifs, Chęciny est devenue la plaque tournante de la communauté. C’est ici que les Juifs de toute la zone (y compris de Kielce) venaient enterrer leurs morts dans un immense cimetière situé sur les pentes du château royal.
• Une majorité écrasante : Au cours du XIXe siècle, la population juive y est devenue largement majoritaire, atteignant jusqu'à 76 % de la population totale en 1856 (plus de 2 800 habitants).
Ils contrôlaient l'économie locale, notamment le commerce du sel, les distilleries et les boulangeries.
. Les traces matérielles de la vie juive dans ces localités varient considérablement. Si certains lieux ont bénéficié de grands projets de restauration, d'autres n'offrent plus que des espaces vides ou des fragments cachés sous la végétation, les nazis ayant méthodiquement détruit les infrastructures et profané les cimetières pour réutiliser les pierres tombales (matzevot) comme matériaux de construction.
Le site le plus préservé et mémoriel, Chęciny abrite le patrimoine le plus spectaculaire et le mieux mis en valeur de la région.
La Grande Synagogue est devenue un Musée
Magnifiquement restaurée, elle a rouvert ses portes pour devenir le Jewish Cultural Memory Center in Chęciny. Le bâtiment a retrouvé son éclat avec sa toiture à la mansarde, ses galeries pour femmes et un portail intérieur sculpté en marbre local. C'est aujourd'hui un lieu d'exposition multimédia incontournable sur l'histoire juive locale.
Cmentarz żydowski
Situé sur les pentes de la colline du château royal, cet immense espace préserve encore plus de 150 pierres tombales (les plus anciennes remontant au XVIIe siècle), dispersées au milieu des arbres. C'est l'un des cimetières les plus pittoresques et poignants de la région.






Ces photos sont tirées du site "sztetl.org.pl", géré par le musée Polin: en haut : la synagogue en 1946 et aujourd'hui rénové, puis l'intérieur de la synagogue et 1939.
En-dessous Szymon Huberband, rabbin et historien au côté d' Emmanuel Ringelblum. Mort à Treblinka. Le "Judenrat" de Checiny en 1942 et l'actuel cimetière juif.
Lopuszno
Une colonisation agricole et artisanale au XVIIIe siècle
À Łopuszno, l'implantation juive a débuté au XVIIIe siècle. Les Dobiecki, propriétaires nobles des terres, ont soutenu les colonies juives et allemandes.
• Origine des migrants : Les registres montrent que les premières familles juives sont arrivées des villes voisines, notamment de Chęciny et de Włoszczowa.
• Structure sociale : Contrairement aux grands centres industriels, les Juifs de Łopuszno se sont intégrés comme artisans de proximité, commerçants de bétail et de céréales, ou gérants de tavernes.
En 1846, sur les 34 maisons civiles que comptait le village, 20 appartenaient à des familles juives (boulangers, tailleurs, cordonniers, tanneurs).
Au milieu du 19éme siècle, les Juifs représentaient la majorité de la population - 587 sur 828 (70,9 %). Il y avait une maison de prière (sur la propriété d'Abram Gołębiowski) et un cimetière dans le hameau de Ludwików. La communauté était artisanale (y compris les tailleurs et les tailleurs de pierre), mais l'imprimeur juif Szul Zylberberg y travaillait également. Il y avait 120 enfants qui assistaient au heder.
Le déclin de la taille de la municipalité de Łopuszno a commencé dès 1862, lorsqu'une partie importante des Juifs a déménagé à Kielce, ne revenant qu'à la foire du jeudi.
Au début, il n'y avait pas de rabbin ; les rabbins de Chęciny et Małogoszcz venaient faire les services services. Le district de Bozniczy à Łopuszno n'a été créé qu'en 1874. En 1901, l'autorisation a été obtenue pour la construction d'une synagogue et d'une mykwah ; des bâtiments en bois ont été construits à rue Przedborska.
Puis les fonctions des rabbins ont été exercées par : Chaim Gotfried (1874-1884), Jakub Feder (à partir de 1884), Gabriel Kopel (1888-1910).
En 1884, le Yizkor Book rapporte que Łopuszno comptait 587 Israélites sur 828 habitants : les Juifs étaient donc très largement majoritaires.
La communauté rayonnait également sur les villages voisins, notamment Snochowice, Olszówka, Sarbice, Jasień, Jedle, Korczyn, Dobrzeszów, Wólka Kłucka, Kuźniaki, Strawczyn, etc.
Avant la Première Guerre mondiale, il y avait 6 heders à Łopuszno.
Łopuszno et ses environs ont été témoins des combats pour l'indépendance de la Pologne. Les combats du soulèvement de janvier (la bataille de Małogoszcz) ont eu lieu ici.
En 1913, une tentative infructueuse a été faite pour obtenir les droits administratifs de devenir une ville.
Pendant la Première Guerre mondiale, le front traversait la commune.
Les combats ont eu lieu sur les collines de Krasocińskie, à proximité de Małogoszcz et à Łopuszno même. Le village a été brûlé pendant les combats.
Dans l'entre-deux guerres, la communauté a conservé son caractère artisanal (tailleurs, cordonniers, tanneurs ), il y avait aussi une petite industrie manufacturière (pétrolières, boulangeries).
Un groupe important était impliqué dans le commerce de la nourriture, des condiments, de la viande, du cuir et du fer.
Les familles les plus riches vivaient sur la place du marché tandis que la rue juive se trouvait rue Przedborska.
En 1927, la commune comportait 750 personnes, soit 170 familles. Son conseil d'administration était dominé par les orthodoxes. La petite communauté était pauvre et la commune avait des dettes importantes, ce qui a entraîné la démission du bureau de change Abram Luftman en 1935. En 1937, Il y avait deux associations communautaires et une bibliothèque. Les fonctions de rabbin dans l'entre-deux-guerres étaient occupées par : Moszek Kopel (jusqu'en 1925 environ), puis Mejloch Ejbuszyc.
Le déclin s'est produit à la suite d'une émigration plus poussée vers des centres plus grands, entre autres Kielce, mais aussi à l'issue des des de masse perpétrés par les Russes en 1914.
En 1937, avant le déclenchement de la guerre, 682 Juifs vivaient à Łopuszno.
L'extermination de la communauté a eu lieu en septembre 1942. Environ 30 personnes sont mortes aux mains des Allemands sur place, et les autres ont été emmenés au ghetto de Chęciny, d'où ils sont allés au camp d'extermination nazi allemand de Treblinka.
Àujourd'hui, Łopuszno : Un vide mémoriel presque total.
Sa destruction a été presque totale, mais des initiatives citoyennes tentent de sauver ce qu'il reste.
• Le cimetière a disparu : Il n'y a plus aucune stèle debout sur le terrain d'un demi-hectare, aujourd'hui assimilé à un parc communal boisé. Le cimetière juif de Łopuszno est situé à environ 320 m à l'ouest derrière une propriété de la rue. Ludwików 15, accès supplémentaire par une route non pavée (parcelle du district de Łopuszno sur une superficie de 0,4336 ha). Son emplacement dans le contexte historique est indiqué sur une carte détaillée de l'Institut géographique militaire, (ceinture 45, colonne 35 feuille C ) Łopuszno de 1937.
Il a été fondé au XVIIIe siècle. Dans l'entre-deux-guerres, il était clôturé. La partie sol a été complètement détruite pendant l'occupation allemande, pendant la Seconde Guerre mondiale. La rue à côté du poste de gendarmerie allemande sur la place du marché a été pavée de ses pierres tombales. Actuellement, il est même difficile de vérifier sans ambiguïté son emplacement. Toute la zone est envahie par la forêt. Sa présence est matérialisée par plusieurs fragments de pierres posées au seul endroit.
• De maigres fragments sauvés : Des militants locaux du réseau Leaders of Dialogue ont retrouvé quelques rares morceaux de matzevot dans des décombres ou des champs environnants et les ont symboliquement déposés sur le site de l'ancien cimetière.
La Synagogue n'existe plus. La dernière, aménagée dans une maison en bois, a totalement disparu

La recherche des traces de Lopuszno n'a pas été fructueuse: je' n'ai trouvé que ce fragment de tombe à l'emplacement de l'ancien cimetière juif de la ville. Il va falloir se mettre en rapport avec les archives de Kielce
Małogoszcz
Une arrivée tardive liée au commerce
À Małogoszcz, l'implantation juive s'est faite plus tardivement, s'intensifiant surtout au cours du XIXe siècle.
Rôle économique : Les Juifs s'y installent principalement comme commerçants, reprenant la majorité des boutiques de la place du marché au fil des décennies.
Un cimetière juif indépendant n'y a été établi qu'à la fin du XIXe siècle. Avant cela, la communauté locale dépendait des infrastructures religieuses de Chęciny pour les rituels et les inhumations.
Un cimetière à l'abandon
Le cimetière juif était isolé, à la périphérie du bourg, le cimetière est aujourd'hui une parcelle envahie par la végétation. La majorité des pierres tombales ont été volées ou brisées pendant et après la guerre. Quelques socles et fragments émergent parfois des broussailles. Il n'y a plus de communauté ni de mémorial actif sur place.
Jędrzejów
Le même modèle restrictif que Kielce
L'histoire de Jędrzejów ressemble beaucoup à celle de Kielce.
La ville était historiquement la propriété des moines cisterciens de l'abbaye locale, qui y interdisaient l'établissement des Juifs.
• L'émancipation du XIXe siècle : Ce n'est qu'après l'abolition des restrictions territoriales par le décret de 1862 que les Juifs ont pu s'y installer légalement en grand nombre.
• Croissance éclair : Dès que les portes se sont ouvertes, la communauté a grandi à un rythme impressionnant pour devenir un pôle artisanal et commercial dynamique (notamment dans la cordonnerie et le textile), comptant plusieurs milliers de membres avant la Seconde Guerre mondiale.
Des traces mémorielles et architecturales
• Le monument du Ghetto : À l'emplacement de l'ancien ghetto, une plaque et un monument commémorent la déportation des milliers de Juifs de la ville vers Treblinka en 1942.
• L'ancien cimetière : Partiellement dévasté durant la guerre, le site a fait l'objet de nettoyages. Un mémorial y a été érigé à partir de fragments de stèles retrouvés dans la ville.
• Le tissu urbain : Dans le centre historique, plusieurs maisons de briques et anciens commerces autrefois tenus par des familles juives sont encore visibles, bien que réaffectés.







En haut, 4 photos du Rynek, la place du marché : on y trouvait tout le nécessaire pour la vie quotidienne.
En dessous, l'emplacement du cimetière où il ne reste pas grand-chose.
Enfin, une photo du premier convoi parti pour ,le camp de Treblinka
WODZISŁAW
Wodzisław est beaucoup plus au sud-ouest que Kielce, à environ 15 km au sud-ouest de Jędrzejów.
Mais surtout, sa communauté juive est très ancienne.
Les Juifs y sont attestés dès les XVIe-XVIIe siècles et Wodzisław est devenu très tôt un centre communautaire important.
Au XVIIe siècle, il était même considéré comme l'une des principales communautés juives de la région de Cracovie.
Et contrairement à Kielce, où la communauté est relativement récente, Wodzisław possède donc une profondeur historique de plusieurs siècles.
Wodzisław avait une véritable infrastructure communautaire.
Entre 1918 et 1939, la kehilla de Wodzisław avait juridiction sur :
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Sędziszów et Mstyczówdont dépendait Klimontow
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Nagłowice
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Nawarzyce.
Sędziszów possédait bien une population juive propre, avec ses commerces, son école et sa vie sociale, mais il n'y avait pas de communauté religieuse autonome pendant l'entre-deux-guerres : tout dépendait de Wodzisław.
Au milieu des années 1920, la communauté de Wodzislaw possédait : une synagogue ; deux maisons de prière; un heder ; un mikvé ; un cimetière ; deux morgues ; une maison pour le gardien.
En 1929, elle comptait environ 4 500 membres, chiffre qui comprend le ressort communautaire et pas uniquement les habitants de Wodzisław même. Et le plus intéressant pour comprendre la vie économique : les revenus de l'abattage rituel provenaient également de Wodzisław et Sędziszów. Cela confirme qu'il existait entre ces deux villes un lien institutionnel et économique réel.




Un monument érigé en mémoire de la communauté, le bâtiment d'une synagogue encore debout et une autre en ruine.
Miechow
L’histoire de la communauté juive de Miechów (située à environ 80 kilomètres au sud-ouest de Kielce) présente de grandes similitudes avec celle de Kielce et Jędrzejów.
Elle s'illustre par une restriction religieuse historique absolue, suivie d’un développement fulgurant, avant une éradication presque totale dont il reste aujourd'hui quelques importants monuments commémoratifs.
L'implantation : Un déverrouillage tardif et une intégration moderne
Pendant plusieurs siècles, l'histoire de Miechów a été entièrement façonnée par l'Ordre des Chevaliers du Saint-Sépulcre, qui possédait la ville.
• Une interdiction stricte : Sous l'autorité de l'ordre religieux, les Juifs avaient l'interdiction formelle de résider ou d'acquérir des biens à Miechów. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, aucun Juif n'y vivait légalement.
• L'essor après 1862 : Tout bascule avec le décret d'émancipation de 1862. Dès que les restrictions tombent, l'immigration est massive. La communauté juive se développe à une vitesse impressionnante.
• Une communauté moderne et intégrée :
Contrairement aux bourgades environnantes aux traditions hassidiques très conservatrices, les historiens et les Livres du Souvenir (Yizkor Books) décrivent les Juifs de Miechów comme particulièrement modernes.
À la veille de la guerre, une grande partie de la communauté s'était assimilée culturellement, adoptant les codes et vêtements de l'Europe de l'Ouest.
• Poids démographique : En 1939, la population juive représentait environ 40 % de la population totale de la ville (les Juifs occupaient par ailleurs 30 % des sièges du conseil municipal). Ils contrôlaient une part majeure du commerce de gros, exportant des céréales et du bétail vers la Silésie et l'Allemagne.
En 1941, les forces allemandes ont confiné plus de 2 000 Juifs locaux dans un ghetto partiellement clos au sud de la ville, avant de liquider le quartier en 1942 et d'envoyer la population vers le camp d'extermination de Belzec et de Treblinka.
Les vestiges et traces mémorielles aujourd'hui
Contrairement à Włoszczowa ou Łopuszno où le vide est presque total, Miechów conserve des monuments et des lieux de mémoire officiels très identifiables.
• Le Monument aux 630 martyrs de 1942 : C'est le mémorial le plus important de la ville. Situé sur le lieu dit "Pomnik poświęcony pamięci 630 Żydów," ce monument rend hommage aux 630 Juifs qui ont été brutalement exécutés sur place par les nazis en 1942, notamment ceux trop faibles ou malades qui ne pouvaient pas marcher jusqu'aux wagons de déportation.
• La Synagogue historique (rue Miechwity) : Le bâtiment de l’ancienne synagogue du début du XXe siècle existe toujours. S'il a été pillé et dépouillé de tous ses ornements religieux intérieurs pendant l'Occupation, les murs extérieurs ont survécu. Le bâtiment a été converti après la guerre et abrite aujourd'hui des services administratifs (un centre d'éducation routière et de formation), mais sa forme générale reste reconnaissable dans le paysage urbain.
• Le cimetière juif (rue Powstańców 1863.) : Établi au XIXe siècle lors de la fondation de la communauté, il a été presque intégralement rasé par les Allemands. Cependant, la zone a été délimitée. Bien qu'il n'y ait plus d' alignements de stèles d'origine, le site fait office de lieu de recueillement.
• La forêt de Chodówki (Las Chodówki) : Située à la périphérie immédiate de Miechów, cette forêt abrite des fosses communes cachées. C'est ici que la Gestapo et la gendarmerie allemande menaient les exécutions de masse des Juifs du ghetto et des résistants polonais entre 1941 et 1944. Une section mémorielle y est préservée.





Les rues de Miechow au début du 20e siècle.
Une stèle en mémoire du cimetière juif disparu.
Une autre stèle en mémoire des victimes tués dans le bois, derrière, de Chodow.
Enfin le bâti de l'ancienne synagogue de Miechow, abritant aujourd'hui des bureaux!!!!
Wloszczowa
Les Juifs se sont installés à Włoszczowa, au XVIIe siècle
Les sources locales indiquent que les Juifs se sont établis durablement à Włoszczowa au XVIIᵉ siècle. La ville elle-même avait obtenu ses droits urbains en 1539.
Cela signifie que, contrairement à certaines petites localités voisines où la présence juive est beaucoup plus tardive, Włoszczowa a eu une présence juive de plusieurs siècles.
Au XIXᵉ siècle, la communauté était déjà bien constituée : synagogue, institutions communautaires, commerce et artisans. Elle s'est ensuite considérablement développée au cours du XIXᵉ siècle.
Une communauté devenue très importante
Au début du XXᵉ siècle, Włoszczowa était en réalité une ville à forte majorité juive.
En 1897, on comptait 2 528 Juifs, soit un peu moins des trois quarts de la population de la ville.
En 1921, les Juifs représentaient encore plus de 53 % de la population de Włoszczowa. Ils participaient également à la vie municipale : plusieurs citoyens juifs siégeaient au conseil municipal.
C'est donc une caractéristique importante de Włoszczowa : ce n'était pas simplement un village où quelques familles juives vivaient parmi les Polonais ; c'était un véritable shtetl avec une communauté structurée et numériquement très importante.
De quoi vivaient les Juifs de Włoszczowa ?
Le commerce et l'artisanat occupaient une place essentielle.
Après la Première Guerre mondiale, les Juifs exploitaient plus de 300 ateliers et petites fabriques, généralement des entreprises familiales.
Les sources décrivent notamment : des commerces alimentaires ; des boulangeries ;des magasins de tissus et vêtements ;des commerces de mercerie ;des ateliers artisanaux ;des petits commerces divers.
Les témoignages recueillis par le projet Virtual Shtetl donnent une image assez vivante du Rynek (place du marché), avec des magasins juifs installés autour de la place et dans les rues adjacentes.
Une communauté religieuse et politique très organisée
Włoszczowa possédait une véritable gmina żydowska, c'est-à-dire une communauté religieuse organisée.
Dans l'entre-deux-guerres, plusieurs courants étaient représentés :
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les orthodoxes et l'Agoudat Israël ;
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les sionistes généraux ;
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le Mizrachi.
En 1931, après une modification du statut administratif de la communauté, un nouveau conseil fut élu. Parmi ses membres figuraient notamment Nuta Albersztajn, Mordka-Dawid Zilbersztajn, Szlomo Goldsztajn, Icek Rajchman et d'autres notables locaux.
Włoszczowa et les localités environnantes
Les communautés juives ne fonctionnaient pas toujours comme des unités complètement isolées. Włoszczowa se trouve à environ 50 km à l'ouest de Kielce. Les sources montrent également des liens avec les communautés voisines, notamment Szczekociny, Lelów et Kurzelów. Par exemple, des personnes enregistrées dans des actes de mariage de Włoszczowa sont originaires de Kurzelów, et inversement.
La période de la Shoah
En 1939-1940, la situation change radicalement.
Les Allemands occupent Włoszczowa au début de septembre 1939.
Un Judenrat est créé et les Juifs sont soumis au travail forcé.
En 1940, environ 2 700 Juifs vivent à Włoszczowa, soit environ 42 % de la population à cette date. Ce chiffre avait augmenté notamment à cause de l'arrivée de réfugiés provenant de Szczekociny, Przedbórz et d'autres régions de Pologne. Un ghetto est ensuite établi et la communauté est finalement détruite pendant la Shoah.
La communauté de plusieurs milliers de personnes a été anéantie pendant la Shoah.
Mais la présence juive n'a pas complètement disparu du paysage de Włoszczowa.
On retrouve aujourd'hui surtout : des lieux de mémoire, des traces de l'ancien quartier juif, le souvenir de la synagogue, des recherches historiques locales, les cimetières et, lorsqu'ils ont survécu, les pierres tombales, des monuments et plaques commémoratives, des descendants et associations qui entretiennent la mémoire des Juifs de Włoszczowa.
La municipalité tente de mettre en valeur le patrimoine historique de la région.




Une vue de la ville "avant", l'emplacement du cimetière juif qui n'existe plus et une phot d'un jardin d'(enfants juifs et d'une classe d'école des années 1930
Focus : La période 1914-1918 dans cette région,
En 1914, les territoires polonais sont toujours partagés entre trois empires :
Territoire
Empire russe : Centre de la Pologne, Varsovie, Kielce
Autriche-Hongrie : Galicie, Cracovie, Lviv
Empire allemand: Poznań, Silésie occidentale
La guerre se déroule donc sur le territoire polonais, mais la Pologne n'est pas encore un État.
1914 Empire russe encore en place.
la guerre arrive dans les villages
Au début de la guerre, l'armée russe est encore présente.
Mais les armées allemandes et austro-hongroises avancent progressivement vers l'est. En 1915, l'offensive de Gorlice-Tarnów provoque l'effondrement du front russe.
1914-1915 Le front arrive : Łopuszno – Małogoszcz – Włoszczowa – Kielce avec combats et déplacements de population.
À l'été 1915, l'armée russe abandonne pratiquement tout le Royaume de Pologne. Les territoires sont alors partagés entre deux administrations d'occupation :
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une zone allemande, avec Varsovie comme centre ;
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une zone austro-hongroise qui comprend notamment Kielce, Radom et Lublin. L'administration militaire austro-hongroise porte d'abord le nom de Militärgeneralgouvernement Kielce, avant d'être transférée à Lublin en octobre 1915.
1915 Retraite russe et occupation austro-hongroise du sud du district.
1915 provoque un immense déplacement de population
Lorsque l'armée russe se retire, elle pratique la politique de la « terre brûlée » dans certains secteurs : évacuations, destructions de récoltes et de biens, déplacements forcés.
On estime à environ 1,5 million le nombre de réfugiés provoqués par la retraite russe dans les territoires polonais.
Pour les Juifs, les conséquences sont particulièrement importantes.
Les autorités russes avaient déjà, avant la guerre, une relation extrêmement méfiante avec les populations juives.
En 1915, des populations juives sont déplacées vers l'intérieur de l'Empire russe, parfois sous la contrainte, car les autorités russes les soupçonnent de sympathies envers l'ennemi allemand.
Cela peut -il expliquer que les parents de mon père, qui vivaient dans le petit shtetl de Klimontow, aient rejoin t de la famille à, ou, près de, Lopuzno, bourgade de naissance de mon père?
1915-1918 Administration austro-hongroise et perturbations profondes de la vie économique.
1918 Disparition des Empires: naissance de la Pologne indépendante.
1918-1921 Réorganisation administrative et communautaire.
1921 Nouvelle Pologne : Kielce devient le grand centre régional, tandis que Wodzisław conserve une communauté juive exceptionnellement importante.
Une fin tragique et commune
La plupart de ces communautés interconnectées ont connu le même destin tragique sous l'occupation nazie.
En 1942, lors de la liquidation des ghettos ruraux par les Allemands, les Juifs de Łopuszno et de Małogoszcz ont été rassemblés et transférés de force vers les ghettos de Chęciny et de Jędrzejów.
De là, la quasi-totalité de la population juive de ces localités a été déportée et assassinée au camp d'extermination de Treblinka.
Varsovie
Les premiers Juifs à Varsovie : XIVe–XVe siècles
La première présence juive documentée à Varsovie remonte au début du XVe siècle. Le registre municipal de 1421 mentionne déjà dix Juifs vivant dans la ville. Une communauté plus structurée apparaît ensuite autour de la « rue juive » (ulica Żydowska), dans le secteur de la Vieille Ville.
Mais cette présence est très précaire :
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expulsions en 1455, 1483 et 1498 ;
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en 1527, Varsovie obtient le privilège de non tolerandis Judaeis, permettant à la ville d'interdire la résidence juive ;
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les Juifs peuvent néanmoins revenir temporairement, notamment pendant les foires et les sessions du Parlement.
Si un ancêtre juif était localisé à Varsovie avant le XVIIIe siècle, il y séjournais certainement sans y être résident permanent.
XVIe–XVIIIe siècles : les Juifs autour de Varsovie
Les restrictions de Varsovie ont eu une conséquence très importante : les Juifs se sont installés à l'extérieur des limites administratives de la ville.
Le lieu essentiel est Praga, sur la rive droite de la Vistule.
La communauté juive de Varsovie explique elle-même que, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, les Juifs étant empêchés de s'établir dans Varsovie proprement dite, ils se concentraient notamment à Praga: un acte disant qu'une famille est « de Varsovie » ne signifie pas nécessairement qu'elle habitait dans la Varsovie intra-muros.



Représentations de la Varsovie moyen-âgeuse .Muséee Polin
1795–1808 : le grand tournant
À la suite des partages de la Pologne, Varsovie passe sous différentes administrations, puis appartient au Duché de Varsovie (1807–1813).
À partir de la fin du XVIIIe siècle, les possibilités d'organisation communautaire deviennent beaucoup plus importantes.
En 1780, ils fondèrent leur premier cimetière à Praga, sur le rive est de la Vistule
En 1799, les Juifs sont autorisés à constituer leurs propres communautés, ce qui permet véritablement le développement de la "kehilla" de Varsovie.
Zn 1806, la communauté de Varsovie crea som premier cimetière à l'extérieur des remparts de la ville, à l'emplacement de l'ancienne rue Gesia, aukouird'hui Olopowa. Depuis sa fondation jusqu'en 1939, environ 150 000 personnes y ont été inhumées.
En 1808, cependant, les autorités imposent encore des restrictions importantes et créent un quartier juif réglementé. Une grande partie de la population juive se trouve alors dans le nord de Varsovie.
Nos familles Leizerson et Kronental ne sont pas forcément originaire de Varsovie. Beaucoup de migrations vers Varsovie eurent lieu entre 1795 et 1840.
Mais les chiffres montrent que Varsovie n'était pas du tout « vide » de Juifs vers 1800.
En 1792, on comptait environ 6 750 Juifs à Varsovie, chiffre probablement sous-estimé.
En 1797, après le passage sous administration prussienne, on en compte environ 7 7000 à 9 200 selon les sources, et en 1804, environ 11 600.
En 1810, la population juive atteint environ 14 600–18 000 personnes.
Donc, lorsque Herschek Kronental est susceptible d'être jeune adulte ou déjà installé à Varsovie, il existe déjà une communauté juive substantielle.
Mais surtout, la croissance après 1795 est en partie due à l'immigration.
Une source historique précise que les Juifs germanophones arrivant de Prusse, de Silésie et d'autres régions affluèrent alors vers Varsovie. Ce qui pourrait expliquer notre patronyme Kronental.
XIXe siècle : déplacement vers le nord de Varsovie
C'est là que commence véritablement la grande Varsovie juive que nous connaissons au XIXe siècle.
Les principaux secteurs deviennent :
Nalewki – Muranów – Nowolipki – Nowolipie – Leszno – Tłomackie.
Nalewki devient progressivement le cœur commercial et résidentiel de la population juive.
Tłomackie devient un centre religieux et intellectuel majeur ; c'est là qu'est construite en 1878 la Grande Synagogue.
Muranów, Nowolipki et Nowolipie deviennent quant à eux des quartiers à très forte concentration juive.
Et surtout, la croissance démographique est spectaculaire :
LPopulation juive de Varsovie a rapidement ^progressé
1792~6 750; 1810~14 600; 1813~8 000; 1864~72 000; 1917~363 400
1939~400 000
Les chiffres varient légèrement selon les sources et selon que l'on considère la religion ou l'identité, mais l'évolution est incontestable : Varsovie devient au XIXe siècle l'un des plus grands centres juifs d'Europe.



Varsovie aux 19 et 20 éme siècle. Muranow était le quartier juif.
La rue Nalewski, la rue commerçante juive.
1864–1914 : la grande explosion démographique
En 1864, les Juifs représentent déjà environ 33 % de la population de Varsovie, avec quelque 72 000 personnes.
Il faut donc imaginer une véritable ville juive à l'intérieur de Varsovie, avec :
des synagogues, des shtiblekh (petites maisons de prière), des écoles, des marchés, des associations de métiers, des sociétés de bienfaisance, des imprimeurs, des librairies, des institutions communautaires, des tribunaux et organisations religieuses...
Cela explique pourquoi, dans les actes de la seconde moitié du XIXe siècle, « Warszawa » peut apparaître comme lieu d'origine d'une personne qui est née dans un petit village mais dont la famille s'est ensuite urbanisée à Varsovie.
1918–1939 : Varsovie devient un immense centre juif
Après la renaissance de la Pologne en 1918, la communauté juive de Varsovie est extrêmement importante.
La ville possède alors une vie juive extraordinairement diversifiée : on y parle yiddish et hébreu ;on y lit une presse quotidienne ; on se rend dans des théâtres yiddish ; on y ouvre des écoles juives, certaines laïques, d'autres religieuses ; on y trouve des mouvements politiques (sionistes, bundistes, orthodoxes, assimilés, etc.), des associations professionnelles, des organisations religieuses...
En 1917, les Juifs représentent environ 41 % de la population de Varsovie.
C'est cette Varsovie - là qui va être détruite par la Shoah.
1940–1943 : le ghetto
Il faut cependant bien distinguer le quartier juif historique du ghetto nazi.
Le ghetto est créé en octobre 1940. Il englobe une partie importante des anciens quartiers juifs, mais il ne correspond pas exactement à la « Varsovie juive » historique.
À son maximum, environ 450 000 Juifs sont enfermés dans une zone représentant seulement environ 2 % de la superficie de Varsovie.
Les déportations vers Treblinka commencent en juillet 1942 et le ghetto est définitivement détruit après l'insurrection juive d'avril-mai 1943.





Dans le Ghetto et emmenagement en 1940, la vie s'organise.
Le plan des Ghetto : le grand et le petit, relié par un pont qui enjambe la rue Chloda, restée "aryenne".
Le Ghetto totalement rasé en 1943, et image exposée au Musée Polin


Dans la Varsovie d'aujourd'hui
On peut voir la synagogue Nozyk, seule rescapée de la trentazine de synagogues d'avant.
Des traces demeurent en mémoire du souvenir du Ghetto :
-les marques du mur du Ghetto, et quelques immeubles à la limite du ghetto,
- le cimetière d'Okopowa avec ses 150 000 tombes en friche. Nous avons vainement cherché celles de notre famille, dont nous avions portant l'emplacement.
- Et le mémorial aux combattants du Ghetto, devant le Musée Polin, dans l'ancien quartier juif de Muranow














Au musée Polin, un grand escalier figure les noms des rues juives de Varsovie

La rue Smocza (Smotshè en yiddish) fut l’une des rues les plus pauvres du quartier juif de Varsovie entre les deux guerres.
C'est celle que l'écrivain et journaliste israélien Benny Mer choisit pour en reconstituer l'histoire et tenter de retracer le destin de ses habitants, souvent des gens très modestes, tailleurs, vendeuses de marché...
Ce récit, écrit à la première personne, s'appuie sur un considérable travail de recherche à travers des archives et des témoignages. Ses sources principales sont la presse yiddish de l'époque, articles de journaux, annonces, faits divers, mais aussi des témoignages écrits, des fragments littéraires, des poèmes et des témoignages oraux.
À travers cette rue, c'est toute la vie juive en Pologne entre les deux guerres que l'auteur fait revivre.
Grâce au centre de documentation de Yad Vashem sur les victimes de la Shoah, Benny Mer a parfois pu retracer le destin de ces habitants après 1939, et savoir qui a été enfermé dans le ghetto, qui y est mort, qui y a combattu durant l’insurrection, qui a été assassiné à Treblinka, ou qui a pu échapper à l’extermination après avoir fui ou s'être caché.
Mais l'originalité de ce livre vient aussi de ce que l'auteur poursuit son enquête au-delà de la guerre pour comprendre ce qu'est devenue la rue après 1945, comment elle a été transformée et reconstruite.
C'est une nouvelle dimension du minutieux travail de mémoire accompli dans ce récit.