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L'Histoire d'Oncle Jack

Jack a laissé un témoignage dans le cadre de la Fondation Spielberg.

C’est le prénom qu’il a adopté dans sa vie australienne.

Il est né Itzak en décembre 1926 et s’est prénommé ainsi jusqu’en 1950. En Australie, il a changé de patronyme et anglicisé son prénom : Czalczynski a fait place à Cutler, plus « english ».

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 Mon oncle, Itzack Czalczynski deviendra 
Jack Cutler

Une jeunesse sacrifiée

Sa mère, Feigle/Fanny Mordkovicz, belle-mère de mon père, venait du village de Jedrzejow, là où s’était marié Mayer Ber, son autre demi-frère, l’aîné de la fratrie en 1938.  Il s’en souvenait.

Il nous a précisé quelques souvenirs de famille, un peu obscurs pour nous.

La sœur de Fajgla, Gitla, Monowicz, de son nom marital, était partie en Argentine en 1939.

Jack et mon père ont longtemps correspondu en yiddish avec eux, ils habitaient Buenos Aires.

Plus précisément que mon père, il se souvenait du nom du frère de son père,

Usher (Haïm ou Pinkus pour l’état civil), boucher et d’une sœur Ethel (qui, dans ses souvenirs, hébergeait sa mère, en Pologne quand elle allait à Jedrzejow).

Éthel avait deux garçons et une fille. Son mari se prénommait Meruel Dembowski.

Mon père situait mal la famille du côté de Kasriel, alors que Jack en gardait un souvenir plus clair.

« Nous étions pauvres, mais nous avions une très bonne vie, très conviviale et heureuse », disait-il.

La maison, une grande pièce, était aussi le lieu de travail de son père, cordier.

Les cordes servaient à relier les carrioles aux chevaux. Toute la famille était mobilisée par leur fabrication. Son frère aîné Mayer-Ber, surnommé « Malbey », aidait son père dans l’organisation du commerce. Jack l’accompagnait souvent sur les marchés dans différentes villes de la région de Kielce.

Wloszczowa, sa ville natale, était très populaire : beaucoup de commerces juifs, bouchers, tailleurs… La communauté juive représentait à peu près la moitié de la population de la ville. Elle était dotée de « shul » de « beit midrash» de « stible». Selon Jack, c’était une ville dynamique et joyeuse.

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Par contre les souvenirs de sa scolarité étaient plus douloureux.

Il fut le seul des quatre frères à avoir fréquenté l’école publique et non le

« Heder » comme les autres, à partir de 1933.

Il a terminé l’école primaire. (L’école primaire depuis l’indépendance durait  six ans, de sept à treize ans, puis une année de préparation au collège).

Il allait entrer au collège quand la guerre est arrivée.

Dans cette petite ville, il n’y avait pas d’école privée juive qui enseignait en yiddish.

Pour aller à l’école publique, il lui fallait beaucoup marcher.

Il se levait à six heures du matin, pour y être à 8 h 30. Les moments les plus durs furent l’hiver, très enneigé.

Ses professeurs n’étaient pas « gentils » avec les enfants juifs, qui représentaient environ trente pour cent des élèves.

Ils tenaient des propos antisémites et exigeaient des pots-de-vin pour passer dans la classe supérieure, cela valait même pour les bons élèves.

Sa scolarité couvrait les années 1933-1939, où la droite nationaliste menait  de terribles campagnes antisémites. Elles se répercutaient dans les écoles et les universités. Les enseignants avaient toujours tendance à croire les non juifs, quand éclataient des conflits, disait-il. Un jour, par exemple, où il s’était fait tabasser, l’enseignante fit d’abord la sourde oreille et ensuite, elle  lui dit que c’était de sa faute.

Il rentrait souvent à la maison la tête et le nez en sang. Ses camarades de classe malmenaient souvent leurs « camarades » juifs.

Fataliste, il remarquait qu’il payait le prix d’être une minorité.​

Après l’école, il allait au « heder », qui lui paraissait plus « relax ».

Par contre il était trop jeune pour participer aux mouvements de jeunesse existants à Wloszczowa : le Bétar, le Poale Zion, d’obédience communisante, l’Hashomer Hatsaïr et d’autres organisations sionistes.

Ses deux grands frères étaient plus politisés : l’aîné Mayer Ber avait rejoint le Parti Communiste Polonais et le suivant Shmil, le Bétar. Il aimait le suivre le samedi après-midi, avec son groupe. Ils avaient un grand local et parfois ils défilaient en uniforme. Jack adorait en porter un aussi et jouer avec une baguette. Il n’avait pas le souvenir d’attaques antisémites lors de ces défilés. Par contre, les 1er mai, des bagarres mémorables éclataient. Pourtant la ville était très surveillée.

Kasriel, son père, était un juif orthodoxe. Tous les enfants avaient reçu une éducation religieuse, mais les aînés ne pratiquaient plus, à l’extérieur de la maison. Par contre par respect de leur père, ils marquaient les traditions juives, se couvraient la tête pour manger et toutes les grandes fêtes juives se passaient en famille : Kippour, Pessah…

En dehors de la maison, son père faisait preuve de tolérance.

Il savait que les aînés n’étaient plus pratiquants mais tant qu’ils respectaient les traditions à la maison, il ne les embêtait pas.

Par contre, beaucoup plus jeune que ses frères, Jack (11 ans plus jeune que mon père) devait suivre son père à la synagogue les shabbats et les jours de fête. « Je ne pouvais pas jouer avec les autres enfants, je devais rester assis à côté de lui ! »

La guerre a éclaté

Quand la guerre a éclaté, Jacques avait treize ans et demi, c’était l’année où il a appris à mettre ses tephillins.

Pas de radio à la maison, mais les journaux en yiddish informaient des préparatifs de guerre… C’était lointain.

Ils ont su que c’était réel, quand les autorités ont demandé à la population d’entourer, avec du papier enduit de goudron, les contours des fenêtres pour empêcher les gaz de s’infiltrer dans les maisons. Il fallait aussi teinter les fenêtres avec de la peinture.

Le jour suivant, les Allemands pénétraient dans la ville. Ce fut très rapide. L’armée polonaise n’a opposé aucune résistance, ils ont juste lancé quelques bombes !

Et les Allemands étaient dans la ville, le troisième jour de la guerre.

Wloszczowa était à soixante kilomètres de la frontière allemande.

Les Allemands défilaient par milliers, jour et nuit.

 

« J’étais très jeune, je n’avais, bien sûr aucune idée de ce qui nous attendait. Je n’avais jamais connu de guerre. Pour moi, c’était juste une armée qui paradait. »

Quelques jours auparavant, sa mère l’avait envoyé à la recherche de son frère, Moshe. Il devait être enrôlé dans l’armée polonaise, juste avant l’arrivée des Allemands. Mais il ne l’a pas trouvé. Il apprendra plus tard, peut-être par Schmil, que son unité était partie vers la partie occupée par l’URSS, et qu’il était prisonnier des Russes.

Pour Jack, à peine entré dans l’adolescence, les premières semaines ne lui parurent pas dramatiques. C’était, pensait-il, juste une nouvelle armée.

Il sillonnait entre l’armée allemande et les prisonniers.

Il n’y avait pas encore de chasse aux juifs et il n’était pas reconnu en tant que tel. Il se sentait plutôt libre et il rapportait à la maison plein de choses de l’armée allemande, du pain, des cigarettes.

Cependant sa famille, elle, était très inquiète et savait ce qui se passait en Allemagne par les journaux. Pour eux, c’était une tragédie qui commençait, mais elle n’avait pas les moyens financiers de quitter la Pologne. Son frère, Schmil, était sur le point de partir en Palestine, avec le Bétar : les événements l’en ont empêché. Toute la famille est restée ensemble jusqu’à l’instauration du Ghetto.

​

Les premières restrictions, pour juifs comme chrétiens, ont concerné le rationnement de la nourriture. Des gens commençaient à faire les poubelles à différents endroits. Certains sortaient de la ville et se dirigeaient vers la campagne. Ils faisaient du troc pour ramener de la nourriture.

Comme Jack était jeune, il se sentait plus affûté. Ne faisant pas très juif, avec sa masse de cheveux et son visage rond, il passait assez facilement les postes de contrôle.

Au début, cela se passait bien, avant de se dégrader progressivement, pour vraiment empirer quelques semaines plus tard, quand les Allemands ont instauré le couvre-feu, de 17 heures au lendemain 6 heures. C’est devenu terrible !

Parfois, quand les Allemands patrouillaient, ou même les gendarmes, ils frappaient à certaines portes. Ivres, ils sortaient les juifs de chez eux, les torturaient dans la rue, juste par plaisir.

Kasriel, son père, ne pouvait plus se rendre à la synagogue, ni le matin, ni le soir. Il faisait ses prières à la maison.

La guerre a tout de suite impacté son travail : les fermiers qui lui achetaient les cordes, ne voulaient plus venir en ville. Les marchés ont été démantelés par les Allemands, qui utilisaient leurs espaces pour leur armée. Il était dépendant des « débrouillardises » de ses clients polonais. La vie est rapidement devenue difficile.

Les préoccupations premières tournaient autour de la manière de gagner un peu d’argent et de nourriture. Quant aux jeunes, comme Jack, ils continuaient à jouer entre eux. Lorsqu’ils trouvaient un endroit à l’abri des yeux allemands, ils jouaient au ballon.

Au début, les parcs n’étaient pas interdits aux juifs. En fait, leur seule peur restait encore l’autorité des parents qui disaient sans cesse: « Ne fait pas ça, ne va pas par-là! ».

Jack se souvenait qu’au début de la guerre, il était même un peu excité.

Mais relativement vite l’inquiétude a remplacé l’exaltation, surtout parce que la faim commençait à tirailler.

Le port du brassard blanc orné d’une étoile de David bleue s’est imposé quelques mois plus tard, début 1940. Les juifs ne pouvaient plus voyager, ni quitter la ville sans autorisation, très difficile à obtenir.

Ce sont certaines organisations juives comme la « Welfare Society » qui organisaient les solidarités. Cette société existait avant la guerre ainsi que d’autres sociétés communautaires. Elles prêtaient de l’argent aux personnes défavorisées pour qu’elles puissent vivre. Elles remboursaient quand elles le pouvaient. Elles ont continué à opérer pendant la guerre.

Les juifs qui se faisaient attraper sans leur brassard étaient passés à tabac, voire même disparaissaient à jamais.

Les juifs très religieux, portant une grande barbe étaient souvent molestés. Certains soldats les tiraient par la barbe, se moquaient d’eux, sans jamais avoir de compte à rendre à leur supérieur. Ils avaient tous les droits sur les juifs !

Jack a gardé en mémoire, un Ukrainien ayant rallié l’armée nazie. Quand il patrouillait sur son cheval blanc, il avait pris l’habitude de traîner les juifs qui passaient, attachés à son cheval. Jack n’a pas subi, lui-même, de tels actes, ni ses frères qui souvent quittaient la maison et se cachaient dans la forêt, au moment des rafles.

La viande kasher était disponible seulement dans les villages aux alentours. Elle y arrivait enveloppée dans du lin, cachée dans une carriole, sous la paille. Selon les ressources de chacun, grâce au troc, on pouvait en obtenir, trois, quatre ou sept kilos. Mais le pain était très difficile à décrocher, il fallait faire la queue. C’était le travail de Jack de se poster très tôt dans la file. Parfois, quand arrivait son tour, il n’y avait plus rien !

Quand il sortait de la maison, en recherche de nourriture ou d’objets à troquer, la peur le tiraillait. Un jour son père, qui portait encore des habits hassidiques et une très longue barbe, lui a dit d’arrêter, d’être prudent et de ne pas mettre toute la famille en danger. Il a dû arrêter de faire de la contrebande.

Le temps du Ghetto​

Et puis le temps du Ghetto est arrivé à la mi-juillet 1940. Tous les Polonais dans le quartier dévolu aux juifs ont été évacués.

Une sorte de petite ferme a été attribuée à la famille Czalczynski, avec deux pièces. Il y avait aussi un petit jardin, avec une vache et une chèvre.

Le forgeron qui habitait là a été déplacé, hors du ghetto.

Ses parents ont pu prendre leurs meubles et leurs vêtements, dans une charrette tirée par un cheval. Ils cohabitèrent avec trois familles dans cette maison.

Ainsi prit fin le marché noir, avec les Polonais : eux n’étaient pas autorisés à commercer avec les juifs et ces derniers ne pouvaient sortir du ghetto, Le troc se faisait à l’intérieur du ghetto, grâce à ce qu’ils avaient pu prendre de chez eux. Plus question non plus d’aller au marché.

Puis des rumeurs se firent entendre sur des rafles de « jeunes volontaires » envoyés dans des camps de travail. Ses frères sont allés se cacher dans la forêt où des souterrains avaient été creusés,

Souvent Jack restait seul avec ses parents. C’est lui qui pourvoyait à la nourriture. Il arrivait à se faufiler hors du ghetto et leur rapportait carottes et pommes de terre. Quand il arrivait à aller dans les villages alentour avec son ami Pinkas Gross (qui a survécu et vécut à Haifa, après guerre), il s’approchait de l’armée allemande pour récupérer du tabac. Il avait sa petite machine à fabriquer des cigarettes. Ensemble, avec Pinkas, ils nettoyaient le tabac, roulaient les cigarettes et en faisaient des paquets, qu’ils vendaient aux Polonais. Comme beaucoup fumaient c’était devenu un bon « « business ». De toute façon, on ne trouvait pas de cigarettes ailleurs. Ils en vendaient aussi dans le ghetto. Ainsi, ils pouvaient rapporter de la nourriture pour leurs familles.

Le ghetto était gardé par des Polonais qui avaient fait allégeance à l’armée allemande. Les Allemands ne les envoyaient pas au front. Ils surveillaient le ghetto et souvent, ils étaient pires que les Allemands !

Avant la guerre ces Polonais-là haïssaient les juifs. Et dès qu’ils eurent en main des fusils, des matraques, ils faisaient aux juifs ce que bon leur semblait : se moquer d’eux, les faire marcher sur les genoux… Tout ce qui les amusait. Ils étaient horribles. On les voyait patrouiller dans des jeeps, en selle sur des chevaux…

Les Allemands exigèrent des jeunes qu’ils fassent de petits travaux, comme remblayer les rives du fleuve. C’était terrible, il fallait rester debout dans l’eau, jusqu’aux genoux et planter des parcelles d’herbes de chaque côté de la rive, en allant préalablement les couper. On devait être deux à les porter car c’était lourd. Ainsi les berges étaient tapissées.

En hiver, il fallait remplir des charrettes de glace et les distribuer dans divers endroits : couper de gros morceaux de blocs de glace, mettre du sel dessus pour la préserver jusqu’à l’été. Cela servait pour conserver la viande et d’autres aliments. Le travail était dur du matin au soir. Si vous n’étiez pas responsables des charrettes et des chevaux et si vous étiez chanceux, vous pouviez rentrer plus tôt à la maison.

Le ghetto était coupé du monde, les seules informations qui filtraient sur la guerre venaient de ceux qui arrivaient à se faufiler dehors et aussi des Polonais qui claironnaient les mérites des avancées de l’armée allemande. C’était très dur à entendre.

Au début, il n’y a pas eu de déportation à proprement parler, mais des juifs connus, renommés dans la ville étaient enlevés. Allemands et polonais demandaient des rançons aux familles. Mais même si les familles payaient, elles ne revirent jamais leurs parents. Ce qu’ils voulaient c’était l’argent des juifs et leurs biens.

Dans le Ghetto, il y avait une police et une administration juive.

Un jour de mai 1941…​​

Jack, par une belle et chaude journée, allait retrouver ses frères. Il portait ses tephillins et les Allemands l’ont pris. Ils lui ont demandé de dire où étaient ses frères. C’était la condition pour qu’ils le laissent tranquille. Ils cherchaient des juifs plus âgés. Jack leur a dit qu’il ne savait pas où ils étaient, alors, ils l’ont embarqué.

Cette journée, les Allemands ont embarqué beaucoup de juifs. Jack se souvient d’un Lanzman qu’il a retrouvé à Melbourne. Les Allemands les ont parqués dans un endroit proche de la synagogue. Il a pu entrevoir ses parents, à travers le grillage et ils se sont dit au revoir par un signe de la main. C’est la dernière fois qu’il les voyait. Il avait 14 ans et demi.  

À la tombée du jour, les soldats les ont fait monter dans des camions en direction de Skarzysko-Kamienna. C’étaient de vieux camions, sans toit, avec de hauts côtés pour empêcher de s’échapper. Ils furent tellement remplis qu’il était impossible de s’asseoir. Tous les prisonniers étaient serrés les uns contre les autres. Quatre gardes étaient à bord dont l’un, avec sa mitraillette face aux prisonniers, était assis sur le toit de la cabine. Le voyage a duré toute la nuit. Il y a certainement des gens qui ont réussi à s’échapper pendant la nuit, mais la grande majorité tenait à la vie, même si les conditions étaient déplorables.

Au petit matin, tout s’est passé tellement vite, ils l’ont emmené dans un camp qui venait d’être créé.

Skarzysko était divisé en trois camps, séparés chacun de 10 km.

4 ans dans des camps de travail forcé​

Il resta près de 3 ans à Skarzysko-Kamienna

Dans le camp de Jack, les prisonniers dormaient tous dans une grande pièce. Ils y ont trouvé, à leur arrivée des « corn-flakes » faits avec des pommes de terre. Ils voyaient des rats qui s’étaient empiffrés de pommes de terre, gros comme des chats : horrible ! Jack y est resté quelques mois, avant d’être transféré dans une nouvelle unité de munitions.

Ce camp de travail n’était pas un camp de concentration. Les esclaves y travaillaient douze heures par jour, sept jours sur sept. La nourriture était très rationnée, mais les prisonniers avaient de nombreuses pauses, bien orchestré par les superviseurs et les conducteurs de travaux.

Il était possible de faire du troc avec eux et les Polonais. Les conditions n’étaient pas aussi déplorables que dans un camp de concentration.

Jack a rencontré de nombreuses personnes de sa ville et des villages alentour, ainsi que sa cousine Perele Fajgenblatt et son mari Abraham Frucht, qui vivaient, avant la guerre, dans une ville voisine de la sienne.

Ils pouvaient se retrouver dans les baraquements des uns et des autres à l’occasion de quelque temps libres. Pendant des mois et des mois, ils se sont habitués à la misère… La vie continuait.

En obéissant aux ordres, les uns et les autres se tenaient éloignés des problèmes, dans cette usine où étaient fabriquées les balles des mitrailleuses.

Si une erreur était commise, par exemple si la balle n’était pas correctement mise dans son manchon, et si un inspecteur allemand ou polonais s’en rendait compte, il pleuvait des coups de fouets : dix, quinze pour un loupé et s’il y en avait plus, cela montait à trente coups de fouets. Ils pouvaient aussi vous enfermer dans une pièce sans fenêtre, ni lumière. Jack a subi des coups de fouets un jour où il avait reçu un mauvais lot de manchons : les marques sur les balles n’étaient pas bien alignées. Cela s’est vu à l’inspection.

Mais le pire, c’était de travailler la nuit. Le jour, il était impossible de dormir, les gens ronflaient, gémissaient… Au travail, vers trois ou quatre heures du matin, vous tombiez de sommeil. Alors les SS venaient vous frapper pour vous réveiller. La vie était très dure, mais la volonté de survivre restait plus forte que tout. Sur le plan sanitaire c’était exécrable : pas d’eau courante, des odeurs nauséabondes. D’ailleurs, il y avait beaucoup de maladies comme la typhoïde. Et donc beaucoup de morts. Jacques est resté huit mois dans ce camp.​

Dans ce camp, Jack a contracté le typhus. Il n’y avait pas grand-chose à faire et surtout pas de médicaments. Il a été mis à l’écart dans un autre baraquement.

Il est resté allongé longtemps, à cause d’une forte fièvre. Lorsque la femme qui gardait leur baraquement, sortait, Jacques en profitait pour descendre de son châlit et plonger sa tête dans un seau d’eau fraîche, pour faire tomber la fièvre. Les maladies se propageaient vite dans ces baraquements de dizaines de mètres de longs, et trois étages de châlits superposés. À ce rythme, il a été guéri en une semaine, aux prix d’une importante perte de poids. Le diagnostic de « guérison » était radical. Un médecin allemand venait dans le baraquement, il traçait une ligne blanche au sol. Ceux qui marchaient bien droit sur cette ligne étaient décrétés guéris. Alors, ils pouvaient retourner au travail. Les autres, soit disparaissaient, soit, les plus chanceux, étaient prolongés dans le baraquement.

Juste avant de tomber malade, Jack avait été pressenti comme jardinier, dans le jardin du chef de camp. Celui-ci habitait dans un très beau manoir en dehors de la ville. C’était une vraie chance. Il ne savait pas jardiner, mais les deux autres prisonniers lui auraient appris. Ils avaient à manger pour vingt personnes. Et c’est à ce moment que la fièvre s’est déclarée. Il a donc perdu cet emploi qui aurait été salvateur. Il est retourné à l’usine.

Dans un nouveau poste, il devait pratiquer des trous minuscules, comme des têtes d’épingles. Il devait faire attention : à la moindre erreur, il se faisait taper.

Il est resté plus d’un an dans ce camp.

Transfert dans une usine de Czestochowa

​

À partir du moment où les Russes se rapprochaient, les nazis les ont transférés à Czestochowa, plus à l’ouest, par train. C’étaient des trains à bestiaux, avec une petite fenêtre grillagée. Le wagon était blindé.

Le train est passé par Wloszczowa, Jack a laissé tomber un bout de papier avec son nom. Il n’a jamais su ce que cela avait donné, ni si ses parents étaient encore là. Des Polonais leur avaient dit que les juifs se faisaient déporter et qu’ils avaient vu des trains de juifs en direction de Treblinka.

Ils ajoutaient que là-bas, ils les gazaient. L’atmosphère était très tendue.

La peur d’aller là-bas, gagnait les prisonniers.

Il fallait à tout prix continuer de travailler pour ne pas y être envoyés.

Le train a mis plusieurs jours à arriver parce que les Russes bombardaient les voies de chemin de fer. Il s’arrêtait en chemin, mais personne ne savait où ils étaient.

Quand ils arrivèrent dans ce nouveau camp, les prisonniers ont été orientés vers un grand bâtiment à deux étages. Ils reprirent un travail de fabrication de munitions. Les conditions étaient les mêmes qu’au Werk A.

Ils pouvaient faire du troc avec les Polonais et tous pensaient que les conditions ne s’étaient pas aggravées.

Parfois, des Polonais plus respectueux que les autres partageaient leurs sandwichs avec eux.

Jack y a perdu, quelques amis, notamment le fils d’un voisin de Wloszczowa. Il travaillait le jour et les Allemands avaient décidé de le faire travailler de nuit. Mais les Russes se rapprochaient très rapidement. La veille de la libération du camp par les Russes, Jack s’est retrouvé dans un train à bestiaux, en direction de Buchenwald. Comme les rails étaient bombardés, le train a mis plus d’une semaine pour y arriver. Il s’arrêtait au milieu de la nuit et repartait le lendemain : le voyage s’effectuait plutôt de nuit.​

Buchenwald​

Début janvier 1945, il y avait beaucoup de neige. Il faisait très froid, tout était gelé. Les prisonniers ont dû passer la première nuit dehors, car il n’y avait pas de baraquements.

Arrivés au camp, leurs cheveux ont été rasés, puis ils furent désinfectés et durent revêtir l’habit du camp de concentration, avec, en plus, un long manteau et un petit couvre tête. Chacun voyait bien que la situation allait empirer : des fils barbelés, des SS partout, des chiens, des fils électriques…

Le camp leur paraissait très bien organisé.

Il était à 9 km de Weimar. Quand la ville se faisait bombarder, les nazis sortaient des prisonniers du camp pour aller nettoyer les débris dans les maisons et ramasser les corps aux alentours. Jack ne l’a fait qu’une seule fois. Les prisonniers rapportaient au camp un bout de pain, quelques pommes de terre qu’ils avaient trouvées sur place et qu’ils dissimulaient.

Il s’est vu attribuer un numéro à six chiffres : 972 130. Il a été cousu sur le haut de son vêtement. Les nazis les appelaient par leur numéro.

C’était totalement différent des camps de travail. Chacun s’est vu assigner un baraquement. Au camp de travail, Jack était avec des jeunes, là il s’est retrouvé avec des « vieux ». Il pensait que les gardes nazis n’avaient rien à faire de leur condition d’hébergement. Les premiers temps, ils restèrent à l’intérieur, allongés souvent, mais ils pouvaient, parfois, faire un petit tour autour du baraquement. C’était difficile, car le sol était jonché de corps, l’odeur des chambres à gaz était oppressante. Tous les matins, les prisonniers sortaient les morts des baraques. Ils étaient ramassés de temps en temps et  brûler dans les crématoriums. Parfois, pour faire passer le temps, ils parlaient entre eux. Ils se demandaient leur nom et c’est comme cela qu’il a retrouvé le mari de sa cousine, Abraham, dans le bâtiment d’à côté.

Au centre du camp se trouvait l’Appelplatz, une très grande place.

Tout le monde sortait de chaque baraque, se regroupait par rangées, et tous étaient comptés. Si quelqu’un était mort et manquait à l’appel, il fallait le rapporter. Si quelqu’un s’était échappé, les prisonniers restaient debout jusqu’à ce que les gardes retrouvent le fugitif ou qu’il se rende. Les évasions étaient rares, seulement possibles quand des groupes de prisonniers partaient faire des travaux, à l’extérieur, à côté des usines.​

Jack a été sélectionné pour aller dans un « kommando » extérieur. Ils ont appelé son numéro, et il devait partir dans les deux jours qui suivirent. Ils ont distribué des vêtements plus chauds, un pantalon épais, des bottes et un pardessus avec des bandes rouges peintes Comme ça c’était impossible à vendre!  

C’est précisément à ce moment-là que la « chance » lui sourit à nouveau.

Le « commandant » du groupe de jeunes de l’usine de Czestochowa, un tchèque s’appelant Gustav, le remarqua et le prit dans son groupe. Cela l’a sauvé du Kommando extérieur. Il l’a emmené dans le baraquement 66 où il y avait d’autres jeunes. C’était au fond du camp, vers les grillages électrifiés. Il se sentait un petit peu plus en sécurité que dans les autres baraquements. Il y avait des milliers de jeunes dans le camp.

Il apprendra plus tard l’existence d’un camp de femmes à 9 km. Malgré cela, les conditions de vie étaient très mauvaises : pas de paille sur le bois de couchage, les couvertures répugnantes. De temps en temps, ils avaient droit à la désinfection des vêtements remplis de poux. C’était vraiment un état misérable, mais au bout d’un moment, plus personne n’y faisait attention.

Pour manger, ils avaient droit à « 200 g de pain, tellement humide que, si vous le lanciez contre un mur, il y restait collé ». À cela, s’ajoutait une            «soupe», très « ouateuse », souvent de la soupe de lentilles. Le matin, à 5 heures une sorte de café, leur était servi dans une boîte de conserve. Certaines personnes coupaient leur pain en petits carrés, en mangeaient un et gardaient le reste pour avoir des provisions. Jack ne pouvait pas faire ça, il mangeait son pain en moins de deux minutes. Certains volaient la nourriture quand les autres dormaient : des chiens contre les loups. Il n’y avait pas de pitié.

Dans le baraquement, on distinguait à peine la lumière du jour, donc quand ils y étaient astreints, ils ne faisaient rien, sauf parfois discuter.

Ils avaient la chance de côtoyer un érudit, un gars éduqué qui avait fait des études, Jacky Nukowski. Il racontait aux autres prisonniers des histoires en yiddish, des anecdotes, des livres qu’il avait lus. Parfois, il faisait des sermons, leur disait qu’ils allaient s’en sortir et surtout de ne pas oublier leur appartenance religieuse. Cela leur a permis de tenir.

Il a été rescapé comme Jack et ils se sont revus à Melbourne.

L’hiver fut terrible, mais aux beaux jours, ils pouvaient sortir devant leur baraquement. C’était un peu différent pour les prisonniers politiques, allemands, russes, hollandais et même scandinaves. Jack les voyait jouer au ballon. Mais ils étaient trop loin pour nouer des contacts.

Le camp faisait des km et des km. C’était aussi grand qu’une ville.

Si le jour était ensoleillé, ils s’asseyaient un peu dehors pour prendre l’air et récupérer un peu de chaleur. Ils voyaient aussi des gitans, mais ils étaient séparés d’eux, et parqués au début du camp.

Le camp n’a cessé de s’étendre quand il y était.

Jack n’avait plus l’espoir de retrouver ses parents et sa famille. Ceux qui arrivaient d’Auschwitz racontaient ce qui s’y passait.

Les prisonniers savaient et s’attendaient à subir la même chose à Buchenwald. Les six dernières semaines avant la Libération, des avions faisaient des cercles au-dessus du camp, laissant des traces de fumée et bombardaient les alentours. Ils retrouvaient un peu d’espoir, quelque chose allait arriver.

Les nazis devenaient irritables et les prisonniers devaient éviter d’attirer l’attention sur eux.

Gustav, le commandant du groupe des jeunes, acquit la responsabilité de l’Appelplatz, le dernier mois. Les SS comptaient et prenaient des groupes de jeunes pour les exécuter à l’extérieur du camp. Gustav disaient à ses jeunes, qu’immédiatement après avoir été comptés, ils devaient retourner le plus vite possible au baraquement. C’était un jeu du chat et de la souris. Gustav,  prisonnier politique, a vraiment protégé « ses jeunes ». Il avait un triangle vert cousu sur sa chemise. Il en a fait faire un, pour que « ses » jeunes puissent être distingués des juifs. Les juifs étaient plus vulnérables que les prisonniers politiques. Pendant trois semaines, ce petit jeu s’est poursuivi.

Ils entendaient des groupes se faire tuer à l’extérieur du camp. Ils ont survécu ainsi, jusqu’à ce jour d’avril où ils virent un tank américain débarquer.

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Sur cette photo devenue célèbre par la présence d'Elie Wiesel (17 ans), figurent Itzack Czalczynski, il avait 19 ans et Naftalie Furst qui avait 13 ans, dans le Block  66 de Buchenwald

Libération​

Malgré tout, ils avaient peur de sortir et de se faire tirer dessus par les soldats américains.

La première chose qu’ils aient faite : couper l’électricité des barbelés. Ils sont allés inspecter les chambres à gaz. Ensuite, ils ont disparu pendant deux à trois jours. Ce fut un peu le chaos : personne pour dire quoi faire, pour s’occuper des survivants.

Les Russes qui étaient passés par là, ont embarqué toutes les mitraillettes et partaient à la chasse aux Allemands. Au bout de quelques jours, les rations alimentaires sont arrivées. Les Américains ont cuisiné pour eux. Malheureusement beaucoup sont morts, personne pour dire comment s’alimenter après tant de mois de privation car personne ne mangeait à sa faim. Jack se souvenait avoir mangé du riz, des prunes, du porc. Tant de gras, tout à coup, a provoqué des diarrhées, des maladies. Plus personne n’était habitué à manger gras. Trente à quarante personnes moururent ce jour-là.

Les rescapés sont restés dans leur baraquement quelques semaines, le temps que les Américains procèdent à la fumigation des blocs de résidence des SS.

Puis, ils y ont  été transférés avec des matelas, des couvertures propres… Presque le luxe.

Les jeunes de son groupe sont restés à Buchenwald quelques mois. On lui a demandé s’il voulait retourner en Pologne, il a refusé. Le rabbin Schacter a organisé le départ des jeunes. La France a accepté d’en prendre beaucoup, sous l’égide de l’OSE, ainsi que la Suisse.

L’OSE, Organisation de Secours aux Enfant, joua un  rôle important en France dans  le sauvetage des enfants juifs. Elle répondit au télégramme du commandant des troupes américaines de Buchenwald :

« Avons trouvé un millier d ‘enfants juifs à Buchenwald. Prenez des mesures pour les évacuer sans délai ».

L’Ose, en lien avec le Joint se vit confier la charge de ces enfants.

Mais les discussions pour leur rapatriement furent âpres et durèrent deux mois. Au final la France en accueillit 480 (notamment à Ecouis), la Grande Bretagne 250 et un peu plus de 400 en Suisse. L’OSE était devenue une organisation juive d’aide à l’enfance défavorisée, en France en 1933.

480 sont allées en France et 400 autres en Suisse.

Jack a été affecté en Suisse. C’est le rabbin qui les a accompagnés en train, un vrai train avec des sièges et des couchettes.

En route pour la Suisse​

Le voyage a duré une semaine, car les rails avaient été bombardés et il fallait les réparer.

En arrivant en Suisse, ils ont été confrontés à un autre problème.

La Suisse avait accepté de prendre des enfants et non de grands adolescents. Les Américains ont dû mettre tout leur poids dans la balance pour convaincre les suisses. Ils ont fini par mettre une seule condition. Tous les jeunes au-dessus de 16 ans devaient être rajeunis de deux ans. C’est comme ça qu’il a atterri en Suisse : il avait dix-huit ans ! Mais là il a contracté la tuberculose et a fait plusieurs séjours en sanatorium.

Il a été soigné dans de très bonnes conditions. La nourriture était bonne et équilibrée, le repos salvateur.

Pour lui, un seul problème : le trop de nourriture. Dans ce centre, cohabitaient 350 survivants, dont un groupe de Lugano qui attendait de partir pour la Palestine.

Quand il a été retapé, il a été envoyé à Genève pour apprendre un métier, sous l’égide de l’ORT. Plusieurs sections étaient proposées : dentaire, les métiers de l’hygiène, du commerce, l’ingénierie.

Au début il voulait devenir chef dans les cuisines d’un grand hôtel. Mais il n’a pas accroché, il avait trop d’oignons et d’ail à éplucher !

Comme il aimait travailler avec des outils, il a choisi l’ingénierie !

Il a beaucoup cherché sur les listes, les registres et les panneaux de la Croix Rouge et d’autres associations collectant les noms des survivants, sans découvrir de traces de sa famille. Une carte de déporté a permis à Jack, plus tard, en France, de bénéficier de rations alimentaires supplémentaires, et autres bénéfices dans certains endroits.

Il était seul et c’était pour lui, très difficile. Il n’avait pas d’autre choix que de se faire des amis. Les choses avaient changé, il essayait de faire de son mieux. Petit à petit, la vie reprit le dessus. Il sortait le vendredi et le samedi soir, il allait danser. Il a même rencontré une gentille famille suisse, mais jamais la guerre n’a été évoquée. Ils n’ont posé aucune question ; il pensait qu’ils savaient, mais ne voulaient pas en parler.

La langue ne lui posait pas de problème, entre l’allemand et le yiddish, il arrivait à se débrouiller. Ensuite, pour étudier, il est allé en Suisse française et dut apprendre le français. Il était hébergé dans une villa cossue appartenant à l’ambassade de Hollande : trois à quatre par chambre, des toilettes, une salle de bains… Le luxe !

Entre-temps, il a retrouvé son frère Schmil. Comme ce dernier ne pouvait pas entrer en Suisse, il était à Munich, les autorités lui ont fait un passeport d’apatride qui lui permettait de se déplacer. Tous ses compagnons en ont eu un, car tous renonçaient à la nationalité polonaise.

Après ces retrouvailles, Jack a souhaité, quand il eut fini d’étudier, le rejoindre à Paris, où il s’était installé, fin 1946. Il a obtenu un visa de transit, via la Belgique. C’est un autre cousin qui est venu le chercher, à la gare, lui savait comment obtenir une carte de séjour grâce à des relations avec la police.

Jack à Genève en 1946

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À Paris avec son frère​

 Il est resté à Paris de 1947 à 1949.

Il travaillait dans la chaussure avec son frère, sans trop aimer ça. Mais il fallait bien gagner de l’argent. Comme ils étaient saisonniers, ils ne travaillaient que la moitié de l’année.

Ils se partageaient une chambre d’hôtel, très vieillotte.

Le commerce de la chaussure était très populaire à Paris, mais il n’y avait pas de grandes usines comme aux USA ou en Australie, seulement beaucoup de petites échoppes ou ateliers. Lui clouait les semelles, et coupait les tiges. Ils travaillaient pour plusieurs petits patrons.

À cette époque, le rationnement fonctionnait encore, la plupart des gens ne mangeaient pas encore à leur faim. Jack bénéficiait, en tant que jeune adulte de tablettes de chocolat, de beurre et quelques autres denrées. La nourriture a commencé à s’améliorer avec le plan Marshall.

Jack à la Libération _edited.jpg
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Jack a embarqué

le 1er juin 1949 à Gênes sur

le Bateau "Syrenia"

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Oncle jack sur le bateau en route pour l'Australie juin 1949

En route pour l’Australie

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Jack est donc parti en bateau, le « SS Sardegna », petit mais confortable.

Il partageait sa cabine avec quatre autres voyageurs. C’était très propre et la nourriture était abondante et bonne.

Le capitaine du bateau était grec et l’équipage était respectueux des juifs.

Ils ont fait un splendide voyage.

Quatre autres émigrants juifs et Jack étaient partis sous l’égide de la « Welfare Society ». Ils ont débarqué à Perth et ont été pris en charge par des familles juives d’origine allemande. Mais elles ne parlaient pas bien le yiddish et eux ne parlaient pas anglais.​​​​

Heureusement la famille Levin, chez qui Jack logeait, parlait encore le yiddish. Cela lui a facilité sa recherche de travail et la paperasserie administrative : les Levin aidaient à traduire.

Son gros problème a longtemps été la langue pour s’intégrer à la vie australienne. Jack a dû s’acheter un petit dictionnaire, qu’il avait toujours avec lui.

Il a trouvé du travail dans divers petits commerces et une fois il a travaillé dans une grande entreprise américaine. Ils avaient droit à une pause thé le matin, une autre l’après-midi et une pause déjeuner. Il n’en revenait pas !

Puis il a gagné Melbourne où il a refait sa vie

Oncle Jack à Perth en 1950

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Oncle Jack, Anita et leur fils Kevin/ Rafael en 1956, à Melbourne.

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