
Génialogie familiale


Un peu d'Histoire
On retrouve les grandes lignes de son histoire dans une brochure publiée à l'occasion de son 50ème anniversaire, en 1960.
Sa création correspond à la fin de ce qu’on a appelé la « belle époque ».
L’on en retient plus volontiers ses légendes que ses réalités.
Sous l’apparente douceur de vivre de la jeunesse du siècle, se découvraient des conditions sociales dont l’injustice semble maintenant évidente.
La communauté israélite française, tout en obéissant à de louables et charitables sentiments, gardait encore la crainte des grandes agitations de l’Affaire Dreyfus.
Les milieux ouvriers voyaient, non sans appréhension, arriver ces milliers d’hommes, trop souvent prêts à accepter, par la force des choses des conditions de travail en marge d’une timide réglementation.
Par instinct et par nécessité, des immigrants se groupèrent par affinité d’origine en société d’entraide.
Peu à peu, ils s’intégraient à la vie française, y fondaient des familles et voyaient leur condition sociale évoluer, se transformer et s’améliorer.
Nous sommes en 1910, l
'immigration des juifs de l’Est demeure encore faible, bien que les causes, qui la motivent, demeurent permanentes.
Ceux qui arrivent sont séparés par la langue, les habitudes de vie et parfois même l’hostilité des milieux dans lesquels, ils sont brusquement confrontés. Ils ont tendance à se rapprocher les uns des autres, par affinités d’origine, sans autre préoccupation, ni souci, que d’être ensemble.
Les conditions de vie sont difficiles et beaucoup connaissent malgré quelques efforts charitables, mais sans perspective d’ensemble, une véritable gêne.

L'association fut créée le 19 avril 1910,
sous le nom de
« Caisse de Maladie des Ouvriers Maroquiniers Juifs ».
Les membres vinrent rapidement en grand nombre.
Pour moi, toute la question est de savoir si Herschen et Léon Alter y adhérèrent dès leur arrivée à Paris?
Les réunions se tenaient au restaurant Landau, rue des rosiers.
Les cotisations mensuelles étaient de 1F50.
En cette période de luttes sociales, le chômage était malheureusement fréquent dans la profession de maroquinier, et les sociétaires qui comptaient déjà une centaine de membres, furent durement touchés.
Ce sera l’objectif pratique de l’association que de leur venir en aide, dans la mesure de ses moyens.
Ce qui n’exclut pas d’autres préoccupations, même doctrinales.

Par exemple, une discussion passionnée et caractéristique s’instaura sur le droit au maintien dans la société d’un membre ouvrier devenu patron.
Le caractère original de l’association tel qu’il avait été voulu par ses créateurs devait-il demeurer à l’état pur ou devait-il faire la part d’une évolution sociale en puissance ?
La « coexistence » entre ouvriers et petits patrons, car il ne s’agissait pas du « Grand Patronat », pouvait-il se concevoir ?
Le problème ne fut pas tranché dans son principe mais dans les faits, puisqu’un compromis permit aux anciens membres devenus patrons de demeurer dans l’association ; par contre le recrutement des nouveaux membres ne pouvait se faire que dans les milieux ouvriers.
La première guerre mondiale allait clore la première période de l’association dont l’activité allait se trouver réduite.
La seconde guerre mondiale toucha de plein fouet la société, qui ne refit surface qu'à la libération

Au lendemain de la guerre,14-18
l’association reprit peu à peu vie.
On décida de changer le nom de la Société et elle prit l’appellation de
« Société des Maroquiniers Juifs de Paris ».
Mais ce titre ne rencontra pas l’approbation de quelques membres dont la condition sociale s’était t peu à peu modifiée » et améliorée.
Et le 26 mars 1921 fut finalement adopté le nom de
« Société des Amis de Varsovie »,
mais pour rappeler son origine, on ajoutera qu’elle avait été créée par les ouvriers juifs maroquiniers.

L’association s'orienta dans un espace résolument mutualiste et culturel.
Le siège fut transféré boulevard du Temple, dans les salons Bonvalet.
Le sort des ouvriers maroquiniers juifs de Varsovie demeurant toujours préoccupant, l’association manifesta sa solidarité en envoyant des fonds par l’intermédiaire de la presse juive de Varsovie (Haint et Volks Zeitung).
Mais c’est l’activité culturelle, à Paris, qui allait marquer l’association d’une empreinte particulière.
Des soirées littéraires comme la soirée Peretz, des fêtes comme celle de Hanouka, associaient aux membres eux-mêmes, leurs familles et débordaient le cadre sociétaire.
Outre une chorale juive, une petite troupe d’artistes amateurs juifs fut crée. Des soirées sur la littérature et la poésie Yiddish virent le jour.
Leurs représentations connurent un grand succès dans la communauté juive.
La Société donna son adhésion à la Fédération des Sociétés juives de France, dont elle allait devenir un des facteurs les plus solides et les plus dynamiques, ainsi qu’à la colonie scolaire.

Dès la Libération, de lourdes et multiples tâches se présentèrent au Conseil réorganisé.
Il fallut songer aux nombreux enfants dont les parents avaient été massacrés, les sauver, leur donner un foyer, un métier.
De nombreuses associations se sont vouées à cette tâche immense.
Parmi celle-ci figure la Colonie Scolaire. à laquelle la Société participait activement.
La Colonie Scolaire avait à Paris, pendant l’occupation, un réseau actif de Résistance, dont une des activités principales était le sauvetage de l’enfance juive. Son animateur David Rapoport fut déporté.
Plus du tiers de ses membres périt dans les camps ou sous les balles des bourreaux nazis et de leurs complices

Recréer les sentiments de solidarité et d’entraide mutualiste, regrouper, venir en aide à ceux qui se trouvent démunis de tout, telles furent les tâches impératives de la Société.
Dans la période de grande gêne qui suivit la Libération, il fallut aider les rescapés à recréer un foyer, à acquérir matériel et instruments de travail.
Une caisse de prêts, qui avait déjà existé avant la guerre, sous une forme modeste, put, grâce à des fonds venant d’Amérique, auprès des sociétés d’originaires de Varsovie, aider de nombreux artisans, et leur facilité une intégration dans la vie économique.
Les années se succèdèrent et ont toutes été jalonnées d’actes de solidarité.
La charte mutualiste faisait un devoir d’apporter une aide à ceux que le destin accable.
Lentement les effectifs s’accroissaient et les activités solidaires se multipliaient en lien avec la vaste organisation de la Fédération Mutualiste de la Seine (FMS) à laquelle La Société était affilée depuis plus de 30 ans. Il a fallu assurer ceux des sociétaires ne bénéficiant d’aucune prestation en cas de maladie. Une section importante comprenant de petits commerçants, artisans, et certains membres de profession libérale se mit en place. Les adhérents à ce groupement de "Non Assurés Sociaux (NAS)" se trouvèrent ainsi à l’abri de l’adversité.
Un des problèmes sur lesquels se penchaient toutes les sociétés mutualistes fut celui de la vieillesse. La Fédération des Sociétés Juives de France a acquis à Boissise la Bertrand, en Seine et Marne, un vaste domaine qui abritait dans un cadre de verdure, une centaine de vieillards, hommes et femmes, qui y retrouvent un foyer traditionnel juif.
Je me souviens que nous nous y rendîmes, avec nos parents, mais voir qui?




Dans le Livre d'Or de la Société figurent : Tante Génia (femme de Max Kronental), Grand-Mère, Papa, Tante Marie et Victor.

